Mariage mystique de sainte Catherine (salle X
Au milieu, la Vierge, assise, en robe rouge à manches brunes et manteau bleu, les yeux baissés, de trois quarts tournée vers la droite, tient sur ses genoux l'Enfant Jésus, qui met l'anneau nuptial à la main droite de sainte Catherine, agenouillée à droite, de profil lournée vers la gauche, en robe jaune et manteau blanc à doublure verte; près d'elle les instruments de son supplice^, à gauche, derrière le groupe divin, saint Joseph, en vêtement brun et manteau rouge; au premier plan, âge-
MUSEE DE BRUXELLES. 107
nouille, les bras croisés sur la poitriue, saint François d'Assise; au ciel, deux anges qui portent une couronne. Fond de paysage à droite. Signé, aux pieds de sainte Catherine, sur la roue :
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H , 1,81 ; L., 1,15. B. — Fig. pet. nat. — Ce tab'.oau, qui aurait i!t<^ commandé au p, iniro par un raorabro de la famillo d'Arcnberj;, appartenant à l'Ordre des Capucins, à'oh son non) do Capucin d'Avrnherg, ornait autrefois la sacristie do l'église des Capucins à lîïuxelles ; cette œuvre mérite d'ap[)eler l'attention des amateurs, non seulement par ses qualités intrinsèques, mais encore à cause de sa grande importance historique. Elle est, en effet, l'une des prouves frappantes de l'influence que les Italiens ont prise au xvic siècle sur les artistes flamands. Fromentin et Paul Mantz ont tous les deux ■signalé, dans le MarUujc mystiqMe, ce mélanj,'e des deu.x arts : « Ce tableau m'a beaucoup frappé. Il est de 1589, et tout imbibé de ce suc italien dont le peintre s'était profondément nourri... Ce tableau, le meilleur et le plus surprenant produit de toutes les leçons qu'il avait apprises, offre cela do particulier qu'il révèle un homme à travers beaucoup d'influences, qu'il indique au moins dans quel sens vont ses penchants natifs, et qu'on apprend par là ce qu'il faudrait faire, en voyant plus distinctement ce dont il s'inspire... A voir une certaine tendresse dans les types, un chiffoniiage arbitraire dans les étoffes, un peu do manii'^re dans les mains, on sent Corrège introduit dans du Raphaël... Les cheveux blonds qui se no:cnt dans les chairs blondes, les linges blanc gris qui passent l'un dans l'autre, des couleurs qui se nuancent ou s'affirment, se fondent ou se distinguent très capricieusement d'après des lois nouvelle, et suivant dos fantaisies propres à l'auteur, tout cela, c'est le pur sang italien transfusé dans une veine capable d'en faire un sang neuf. Tout cola prépare Rubons, l'annonce, y conduit. « (E. Fromentin, p. 32.) — « Jamais le maître n'a été plus fidèle au charme de ses réminiscences italiennes, jamais il n'a étudié avec plus de soin le galbe correct de ses figures. Son pinceau, qui incline quelquefois vers la rudesse et qui, trop épris do la forme précise, cerne volontiers ses personnages d'un contour durement découpé, s'est ici amolli et, •chargé de couleurs plus fluides et plus grasses, a caressé le panneau avec une délicatessi; qui se souvient du Corrègo. » (Paul M.\ntz, lli$t. dea peintres.)
Vos (Martin de). — Flamand, 1531-1603.