‹ La peinture en EuropeChapitre 286 sur 501 · Le Comptable (G · texte numérisé non relu

Le Comptable (G

Dans une chambre à gauche, un homm(\ de trois quarts toui'iié ver.s la gauche, assis devant une table, vêtu d'une robe gri.se et coiiïé d'un bonnet rouge, compte des pièces de monnaie et écrit sur ufi registre; ii droite, un autre personnage, de trois quarts tourné vers la gauche, coiffé d'un chapeau vert, se penche en avant.

H., 0,65; L., 0,52. B. — Fig. — Collection Van Ertborn. — Sur le registre on lit dos inscriptions relatives aux droits d'accise perçus autrefois par la ville d'Anvers. (Voir Catal. du musée, p. 247.)

* 245. — Triptyque dit de l'Ensevelissement du Christ (B).

Au premier plan, le corps du Christ, étendu sur un suaire. A gauche, Joseph d'Arimathie, debout, de profd tourné vers la droite, en tunique de brocart et chaperon noir à visière de fourrure, lui soutient la tète; Nicodème, agenouillé, vêtu de rouge, coiffé d'un bonnet de fourrure, le prend sous les aisselles. Au milieu, saint Jean, debout, en robe rouge, soutient la Vierge, en longs vêtements bleus, ([ui regarde avec douleur son fils et joint les mains. Au second plan, à droite, Marie Salomé, en robe claire à manches rouges, manteau vert, coiffée d'un turl)an, un genou en terre, prend de la main droite la main gauche du Sauveur et tend l'autre main à une sainte femme en robe verte et manteau violet, coiffée d'un turban rouge à broderies d'or, qui lui présente une éponge. La Madeleine, agenouillée, en robe violette à manches rouges et manteau gris, avec une coiffe noire brodée d'or, essuie les pi(Hls de Jésus. Derrière Marie Salomé, une sainte femme en manteau gris joint les mains, et derrière Nicodème un disciple en pèlerine verte, coiffé d'un turban bleu et violet, porte la couronne d'épines. Au fond, à gauche, Jérusalem; à droite, le Saint- Sépulcre, devant lequel un homme portant un linge et une femme balayant; un troisième personnage, dans l'intérieur du tombeau, tient une torche allumée. Au loin, le Calvaire; au pied des croix, deux femmes; en avant, trois bourreaux, l'un mangeant, l'autre ôtant ses souliers, un troisième emportant une échelle.

H., 2,60; L., 2,07. B. — Fig. gr. nat. — Pan. cent, du triptyque. — Commandé en 1508 au maître par les menuisiers d'Anvers pour orner l'autel que leur corporation possc-

dait dans l'église Notre-Dame, il lut achevé en 1511 t-t payé 300 florins en trois termes. Célèbre dès son apparition, il excita l'envie de Philippe II, roi d'Espagne, qui en offrit vainement des sommes considérables, puis de la reine d'Angleterre, Elisabeth, à laquelle la corporation l'eût vendu, en lô"/?, pour 5,000 nobles à la rose, si Martin de Vos, le peintre, ne s'était interposé et n'avait obtenu du magistrat l'annulation du marché. En 1582, il fut transporté à l'iiôtel de ville, et, pour le mettre en place, on équarrit le panneau et les volets qui, dans l'origine, étaient cintrés. En 15K9, il l'ut replacé à Notre-Dame. C'est là que le trouvèrent, en n9H, les commissaires français, qui allaient le mettre en vente, au prix de 600 francs, avec tout l'autel de marbre sur lequel il était placé, lorsqu'un peintre, Herreyns, le sauva encore en le faisant transporter à l'école centrale du département des Deux-Nèthes. (Catalogua du musée, p. 250-252; K. v. M.^ I, 161, Van der Branden, 62.) — « Ce panneau est d'un style superbe, avec un dessin allongé et des proportions un peu exagérées comme cliez Mantegna. Il y a quelque chose de sculptural dans le groupe où les saintes femmes entourent le corps du Christ. La nature sauvage et désolée contribue à l'effet dramatique des saintes funérailles. » (BuRGER, Anvers, 40.)

* 246. — Décollation de saint Jean-Baptiste.

Derrière imo talile, .sont as.sis, tournés tous deux vers la droite, Hérode, en rol)e grenat à pèlerine d'hermine, ayant sur la tète un bonnet noir et une couronne, et Hérodiade, en corsage bleu décolleté, guimpe blanche, coiffée d'un voile blanc posé par-dessus une toque bleu et or. Elle touche de la pointe d'un couteau la tète de saint Jean que lui présente sur un plat Salomé, en robe rose à ramages, manches rouges à crevés, corsage bordé d'une gansé d'or, voile de gaze et fleurs piquées dans sa chevelure blonde, escortée de deux hommes d'armes. A gauche, près d'un bassin dans lequel sont deux flacons en métal, un page, tenant en laisse un chien, se retourne pour regarder Salomé. Au fond, à gauche, est tendue une draperie rouge à fleurs d'or avec un médaillon d'empereur romain. A droite, au premier étage, une balustrade couverte d'une draperie verte et soutenue par un pilier dont le chapiteau porte un écusson et sur laquelle sont accoudés quatre musiciens. A travers une arcade, à gauche, on aper(,*oit sous un pont-levis la décollation du Saint.

H., 2,60; I,., 1,17. B. — Fig. gr. nat. — Volet de gauche du triptyque.

* 247. — Au revers. — Saint Jean-Baptiste.

Le Saint, debout, montre de la main droite un agneau couché sur un livre qu'il tient d(? la main gauche. Gri.saille.)

* 248. — Saint Jean rÉvangéliste dans T huile bouillante.

Au milieu, le Saint, dont on ne voit que le tor.se nu, plongé dans une ■chaudière, de trois quarts tourné vers la gauche, lève vers le ciel son visage extatique. Au premier plan, deux Ijourreaux au visage grimaçant attisent le (eu; au fond, à gauche, l'empereur Doniitien, monté sur un

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clioval Maiic dont iiii soudard tient la luidc, on rolx* jaune à pèlerine ii:renat et turban ])leu, portant dans la main droite le bâton de rornniandement; autour de lui, des soldats et des trompettes; à droite, moFité sur un ari)re, un jeune iiomme rei<ardanl le supplice; château fort à l'horizon.

H., 2, GO; L., 1,17. B. — Fig. yr. iiat — Vulct de droit.'. — Ce volet avait déjà fortement soutVerl au xvi'' siècle. — « Sur l'un des volets ou voit un saint Jean dans l'huile bouillante, peinture éj^alenient remarquable et où il y a de bonnes choses. Les enfants et les autres spectateurs ont coutume d'engager des paris sur le nombre de chevaux représentés; les uns en comptent six, les autres sept ou huit; ce désaccord provient de ce qu'en certains endroits la peinture a pAli ou a souiïert, et que l'on confond ainsi un casque avec une trtc de (lit>val. » V.w rralité, il n'v a que quatre chevaux. (A:. V. M., I, 160.)

* 249. — Au revers. — Saint Jean l'ÉicuKjélLste.

Debout, le saint btWiit de la main droite une coupe (pi'il porte de sa main droite et d'où sort un dragon. (Grisaille.)

« Ce triptj-que se signale par un ordre de qualités extraordinairement propres à provoquer l'émotion d'une foule. Non seulement les figures atteignent et dépassent même la grandeur naturelle, mais les épisodes réunis dans le panneau central et les volets, surtout la manière de les présenter, communiquent aux spectateurs une des impressions les plus profondes qu'il soit donné de ressentir à l'aspect d'une œuvre d'art. S'il est vrai que l'école primitive finit ici, nous pouvons ajouter que les trois quarts de siècle qui se sont écoulés depuis ses plus sérieuses manifestations u'on"rent point de pages plus prodigieusement réalisées, » (Hymans, Gaz. (Iva Beaux- Arts, 11"' sér., t. XXXVII, p. 215.) — M. Figdor, à Vienne, possède deux études à la détrempe des saintes femmes qui assistent à l'ensevelissement.

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