Martyre de saint Jilaise (salle III
Au milieu, le Saint est suspendu par les poignets à une branche d'arbre, de trois quarts tourné vers la droite, regardant au ciel un ange qui lui présente une couronne. A droite, un bourreau accroupi lie les jambes du martyr dont une femme agenouillée, à gauche, en robe jaune et manteau bleu, recueille le sang sur un linge blanc; au second plan, une autre femme agenouillée, accompagnée d'un enfant, regarde avec ferveur le Saint, qu'un bourreau, debout à son côté, s'apprête à écorcher avec un peigne à pointes de fer. Au second plan, à droite,- un soldat assis et un porte-étendard debout; au milieu, un prêtre en vêtement rouge, présentant au Saint une idole. Sur une route, des assistants.
H., 3,48 ;L., 2,30. T. — Fig. gr. nat. — Provient do l'ancienne abhaye de Dielighem. — Au musée de Gand, une composition représentant le même sujet avec des variantes, signée par lo maître, porte l'indication qu'elle fut faite lorsqu'il avait quatre-vingt-dix ans, en 1667. Gravé par Pilsen. — « Ce tableau, qui u'est pas estimé parmi les plus belles œuvres de Crayer, a, selon moi, le mérite de découvrir plus clairement qu'aucun autre ses qualités et ses défauts... Le simple bon sens indique que lo personnage central du tableau doit être le martyr, et que c'est dans ce personnage qu'il faut chercher l'inspiration. Crayer y a incontestablement pensé, mais il s'est trouvé que, par la faute de son intelligence curielse et scrupuleuse, il s'est arrêté trop longtemps à un de ses personnages secondaires, si bien que l'intérêt de son tableau a été déplacé et doit être cherché non dans le saint, mais dans un de ses bourreaux. C'est une merveille d'intelligence que le personnage de ce bourreau, mais alors G. de Crayer aurait dû débaptiser son tableau et l'appeler un Miracle de la Grâce ou, pour prendre un titre plus purement philosophique, le Triomphe de la Nature... » (Emile Montéglt, 16.)