La Vierge Marie et VEnfant Jésus
Grisaille. Revers du numéro précédent.
* 305. — La Dernière communion de saint François d^ Assise (H).
Dans une église, au milieu, saint François, nu, ceint d'une draperie blanche, est agenouillé, soutenu par deux moines de son ordre, tourné de trois quarts à gauche vers un prêtre, revêtu d'une riche dalmatique, qui lui présente l'hostie; doux diacres, l'un à genoux, au premier plan, en surplis bianc, l'autre au fond, del)0ut, de chaque côté du prêtre, tiennent un cierge allumé ; à droite, derrière saint François, plusieurs moines franciscains; devant lui, son froc et sa ceinture. Au ciel, une ronde d'anges. Fond architectural avec une large baie encadrée de colonnes ; à gauche, une draperie rouge relevée.
H., 4,20; L., 2,2."). B. — Fig. gr. nat. CiiUré par le haut. — Gravé par Hendrick.
Snyors. Kxi'culr, «ii HilU, jM.nr .lasi)ar Charles, au j)rix fie I.V) florins, fl (Icstiiié à l'aul»! (le saint Franrois, dans r»''Kliso des I^ôcolU-ts. 'iransportô .-i Paris du ll*Ji à ISlô. Kfslauré à doux reprises différentes. I.e liritisli Muséum possède une /^tude au crayon pour deux tètes de moines, et le musée de Napli-s une étude peinte pour le moine agenouillé à droite. — a L'exécution diflère sensi)>lement de toute autre œuvre du maître de la même époque, par le puissant ellet des clairs-obscurs, où l'on ne reconnaît guère 1«' peintre lumineux par excellence. I.e fond est opaque, chaque figure a luie transparence, une ténuité de couleur, une simplicité dans le faire qui trahissent la touche de Kuben». Cette touche est bien plus large et plus moelleuse que dans les autres tableaux de cette période; elle rappelle les œuvres de ses derniers temps plutôt que celles de sa seconde manière. » (M. Rooses, II, 261.) « A résumer le tableau d'un coup d'œil rapide, vous n'apercevez qu'une vaste toile bitumineuse, de style austère, où tout est sourd et où (rois accidents seulement marquent de loin, avec une parfaite évidence, le saint dans sa maigreur livide, l'hostie vers laquelle il se penche, et là-liaut, au sommet de ce triangle si tendrement expressif, une échai)pée de rose et d'azur sur les éternités heureuses, sourire du ciel entr'ouvert... Rubens n'a jamais été plus maître de sa pensée, de son sentiment et de sa main, jamais sa conception n'a été plus sereine et n'a porté plus loin, jamais sa notion de l'Ame humaine n'a paru plus profonde, jamais il n'a été plus noble, plus sain, j)lus riche avec des colorations sans faste, plus scnipuleux dans le dessin des morceaux, plus irréprochable, ce qui veut dire plus surprenant dans l'exécution. » (Fromentin, 102-104.)
'=' 306. — VÉducation de la Vierge (I).
A gaucho, sainte Anne, le visage souriant, vêtue d'une robe rouge, avec une guimpe et un voile blanc, un manteau ^ert, bordé de fourrure, est assise sur un banc de. pierre, de trois quarts tournée vers la droite; sa main droite repose sur son genou, sa gauche s'appuie sur l'épaule de la Vierge qui se tient debout, de profd tournée vers la gauche, les yeux regardant le spectateur. Vêtue d'une robe blanche et d'un voile bleu dont elle retient les plis de sa main droite, la jeune fdle porto dans l'autre un livre ouvert. Au second plan, à gauche, saint Joachim, appuyé sur une balustrade, drapé dans un manteau jaune, contemple la Vierge au-dessus do laquelle planent deux petits anges tenant une couronne de fleurs. Fond de paysage avec motif architectural.
H., 1,93; L., 1,40. T. — Fig. gr. nat. — Gravé par Bolswert, G. Mercier [Gaz. des Bcaux-Arls, l'"" juillet 1884), A. Collette, etc. Peint pour l'hôtel de la chapelle de sainte Anne, dans l'église des Carmes déchaussés. Transporté à Paris de l'794 à 1815. Sous les traits de la Vierge, le peintre a représenté sa future femme Hélène Fourment. Peint vraisemblablement vers 162."3. — « U Education de la Vierge est la plus charmante fantaisie décorative qu'on puisse voir; c'est un petit panneau d'oratoire ou d'appartement peint pour les jeux plus que pour l'esprit, mais d'une grâce, d'une tendresse et d'une richesse incomparables en ces douceurs. «-(Fro.mentin, 99.)
'^307. — V Incrédulité de saint Thomas (J).
A gauche, le Christ debout, le torse nu, ceint d'une draperie rouge, dt^ profil tourné à droite vers trois disciples dont deux, saint Jean, au premier plan, en vêtement violet, vu de profil, et saint Thomas, en
MUSÉE D'AN VE us. 231
manteau l>l(*u, se i^Miclienl pour regarder le sliidiiale ijik» porte le Sauveur à la main i^auelie. Au fond, de face, saiLii Pierre.
H., 1,40; I.., 1,22. B. — Ki;;. à mi-corps, pr. iiat. — Gravé par Schmutzor, ."^prujt', I,e Villaiii. Panneau central d'un triptyiiiic peint de 1G13 à 1615 et destiné au nionumeiit lunéraire que Rockox avait lait l'aire de son vivant dans la cliapelle de la Yierye, à l'éfîlise des UécoUets. Transporté à Paris de nyi à 1S15. « Peinture extrêmement soignée, où le dessin est d'une régularité aeadémi(pie banale. » (M. Roo.ses, 11, 157.)
* 308. — Portrait du chevalier Nicolas Rockox, bourgmestre
d'Amers (J .
Debout, de profil tounu' vers la droit(\ pourpoint noir à Itouton d'or, manteau noir doublé de fourrure. Fraise Manche. La main droite est posée sur la poitrine; la i^auelie porte un livre; au fond, une |)orte cintrée; à i^auelie, la date de 1613 a été remplacée par celle de 1615.
H., 1,45; L., 0,5G. B. — Fif?. presque jusqu'aux genoux, gr. nat. — Gravé par Cliataigné (Musée Naptdéon). Vi;lel de gauclie du triptycjue. Nicolas Rockox, ami intime de Rubens auquel il commanda do jiombreux tableaux, était un amateur éclairé. 11 fut neuf fois bourgmestre et mourut sans enfants, laissant sa fortune à des o-uvres de bienfaisance.