‹ La peinture en EuropeChapitre 462 sur 501 · Paysage · texte numérisé non relu

Paysage

Pendant da numéro précédei.t.

Memling (Hans). — Flamand.

Triptyque dit de saint Christophe.

A, — Panneau central. — Saint Clivislophe, sainl Maur, saintG'dles, — Au milieu, traversant le fleuve, saint Christophe en tunique bleue, manteau rouge, appuyé sur une longue branche, porte sur ses épaules l'Enfant Jésus. Celui-ci, en robe verte, bénit avec sa main droite et se retient de la gauche au turban du Saint. A gauche, saint Maur, de trois quarts tourné vers la droite, s'appuie sur sa crosse abbaliale et tient un livre ouvert de la main gauche. A droite, saint Gilles, de trois quarts tourné vers la gauche, caresse de la main droite une biciie et s'appuie de la gauche sur une crosse; son bras gauche est percé d'une flèche.

Fond de paysage; à gauche, devant une grotte, un moine portant une lanterne allumée.

On lit sur le cadre : Anno Dni 1484.

5. — Volet (le droite. — La Donaliice. — Vùlue d'une rol»e noire bordée d'hermine, inec ceinture rouge et écljarpe blanche, coillée d'un hennin noir, une bague à l'annulaire de la main gauche, Barbe de Vlaenderberch, ou van IIcrftNelde, est agenouillée devant un prie-Dieu, de trois quarts tournée vers la gauche. Derrière elle, agenouillées, ses onze filles, dont l'une porte le costume de l'ordre religieux de Saint-Dominique, et debout, sa patronne, sainte Barbe, en robe de brocart noir et or, manteau rouge, ceinture rose, retenue par une agrafe enrichie de pierreries, tenant une tour de la main droite. Fond de paysage. Sur le cadre : 1484.

A rapproclicr de la sibylle Zameth, ;'i l'hôpital Saint-Jean.

Au revers. — Saint Geoî^ges terrassant le dragon. (Grisaille.]

6. — Volet de gauche. — Le Donalear. — Guillaume Moreel, seigneur d'Oost-Cleyhem, bourgmestre de Bruges, en tunique grenat, manteau rouge, est agenouillé devant un prie-Dieu, les mains jointes, de trois quarts tourné vers la droite; derrière lui, ses cinq fils, également agenouillés, et debout, son patron Guillaume de Maleval, fondateur de l'ordre des Ermites Guillelmites. Celui-ci, vêtu d'une cotte de mailles et d'une robe de bure, pose sa main gauche gantée sur l'épaule du donateur et porte de la droite un étendard semé de fleurs de lis d'or ; à ses pieds, une bête fauve (le Diable). Fond de paysage : un château fort, à droite; une ferme et une chapelle, à gauche. Daté sur le cadre : 1484.

Au revers. — Saint Jean-Baptiste debout, une bannière dans la main gauche, montrant de la droite l'agneau couché à son côté. (Grisaille.)

Pan. cent., H., 1,20; L., 1,54. — Fig., 0,95. — Volets, H., 1,20; L.,0,69. B. — Primitivement sur l'autel de la chapelle des Moreel à l'hospice Saint- Julien, puis, plus tard, dans la chambre des Tuteurs de l'hospice, ce triptyque futtransportéàParisdel794àl815.Le Louvre possède une étude du maître pour la tête de saint Guillaume. Ce tableau a subi de profondes restaurations, la figure de saint Jean, le bras gauche de sainte Barbe ont été presque entièrement repeints. Les dates sont fausses, suivant MM. Cr. et Cav. (II, 23), qui regardent cette œuvre, une des plus belles productions du maître, comme peinte par lui "à une époque postérieure. M. A.-J. "Wauters, au contraire, en accepte l'authenticité, et M. J. Weale (Bruges, p. 56) croit seulement à l'addition des figures de saint Jean-Baptiste et de saint Georges, « peut-être ajoutées, en 1504, aux frais du deuxième et du troisième fils du donateur, Jean et Georges Moreel ». « La composition est excellente, la manière hardie; aussi a-t-il moins sacrifié jci à la symétrie que dans les Fiaiiçailles de sainte Catherine, à l'hôpital Saint-Jean. La tète de saint Christophe est belle, fine, pleine d'intelligence et de vie. La tête et la main gauche de saint Gilles, la tête de saint Guillaume et celle du donateur sont aussi d'admirables morceaux. La rivière, au premier plan, est pointe avec une vérité et une profondeur remarquables : les ombres projetées par les rochers qui la bordent, ainsi que par le corps du géant, sont rendues d'une manière savante ; dans le fond, la rivière devient claire et brillante, réfléchissant les lueurs du soir. » (Weale, CatoL, 25.)

MUSKU DU. HRL'fiES. 02Î)

Minderhout (Hkndrik van). — Flamand, 1 632-1 69G. 56. — Combat naval sous les murs de Bruges. Signé 011 avant : H. van Mindkkiiout.

H., 1,G0; L., "2,40. T. — Fig. pet. nut. — « Ce tableau, composé dans un stylo lumineux, est (l'un cfTet des plus agréables. Les ('-pisodes do l'avant-plaa sont très variés. On y reinaniuo cependant do la faiblesse de dessin quant aux personnages et aux animaux, et peu de fidélité quant à la topographie. » (\Vi;.\i,k, Cat<il., p. 84.)

Oost (Jacques vam), «lit le Vieux. — Flamand, 1600-1671. 46. — Un religieux dictant à un jeune clerc.

Dans un cabinet de travail, un religieux, en vôtement noir à col blanc, coiiïé d'une barrette, assis, de trois quarts tourné à gauche, la tête penchée vers la droite, feuillette un livre posé devant lui sur un lutrin et portant l'inscription : Concilioram Ecclesiœ, lomus XXXVI ; son bras gauche s'appuie sur une table couverte d'un tapis à dessins rouges, verts et jaunes, sur laquelle écrit un jeune élève en habit brun, à manchettes et col blancs; près de lui, une mappemonde et un gros livre fermé; au second plan, contre la muraille, des livres sur des rayons.

H., l.l.'j; L., 2,27. T. — Fig. mi-corps, gr. nat. — On lit sur la muraille : .Etatis 47, anno 1688. — Provient de l'ancien couvent des Augustins. Ce portrait était autrefois considore à tort comme celui du père Labbe, éditeur dos Conciles.

Al. — Portrait d'homme.

De trois quarts tourné vers la droite, le visage imberbe, encadré par une longue chevelure blonde, vu de face; vêtement noir, manchettes et col blancs. La main droite est appuyée sur la hanche; de la gauche il tient une flèche ; à un ruban rouge est suspendu un oiseau en or. Fond de paysage.

H., 1,15; L., 0,90. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat.

Fourbus (Pieter). — Flamand.

19 — Jugement dernier.

A la partie supérieure, entre deux anges dont l'un tient un lis et l'autre une épée nue, le Christ est assis sur l'arc-en-ciel, vêtu d'une robe rouge; à ses pieds, deux anges sonnant de la trompette et des têtes de chérubins. A gauche, la Vierge en robe rouge et manteau bleu, des saints et des prophètes : David jouant de la harpe, saint Philipi)e tenant une croix, saint Pierre présentant les clefs, et, à droite, saint Jean-Baptiste en manteau rOuge, saint Laurent tenant un gril, Simon le Chanauéen présentant une scie. Moïse élevant les tables de la Loi, sur lesquelles on ht ; Cvcdc unom Deum : Deliy.'< (rates tuas. A la partie inférieure, à gauche,

les bienheureux que des anges conduisent au ciel; à droite, les réprouvés qu'entraînent des démons. Au premier plan, la Résurrection; au milieu, Eve cachant sa nudité.

Signé à gauche : 1551, P. V.

H., 2,2ô; L., 1,80. B. — Fig. pet. nat. — Point pour lo tribunal du Franc, co tableau fut payé en deux fois à l'artiste, 100 florins comme premier acompte, 200 livres parisis pour solde. « Bien que cette peinture soit datée du milieu du xvr siècle, elle rappelle, par la disi osition des groupes qui y figurent et par sa signification générale, le principe religieusement traditionnel qui guidait en pareil cas les artistes des époques précédentes. » (Paul Mantz, Uist. des peintres )

Il en existe une copie moderne au Palais de Justice. A comparer avec le n® 15, par Jean Prévost, « dont les dispositions générales, remarque M. J. Wealb {Bruges, p. 69), ont été suivies par l'artiste, mieux accommodées au goût du xvi« siècle. On y voit, d'une manière prononcée, la décadence du sentiment religieux. »

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