H AN S Memling. Mariage de sainie Catherine
HOPITAL SAINT-JKAX. .1^9
saints Jean; à droite près d'un pilier, le donateur .lau Floreiiis, en robj noire.
* Volet de gauche. — La Décollation de sai/il Jean-Baptiato. — Au premier pian, étendu à terre, le corps décapité du Saint, d'où jaillit le san?, et un bourreau, \ u de dos, en haut-de-cliausses vert <'t pourpoint gris, une épée dans la main gauclie, présentant, d(^ l'autre, la tête du martyr à Salomé. Celle-ci, vêtue d'une robe rouge et d'un surcot vert à doublure d'hermine, tient un plat dans les mains. Au second plan, un soldat api)uyé sur une pique, un page en costume rouge et un vieillard en vêtement noir, à col de fourrure, coiiïé d'une toque rouge. Au fond, à gauche, dans une salle ouverte, on voit Salomé dansant devant la table à laquelle sont assis Ilérode et Ilérodiade; au milieu dans une cour, quelques figures. Fond de paysage; au ciel, l'Éternel dans une nuée.
* Au revers. — Agenouillés, de trois quarts tournés vers la droite, Jacques de Keuninck, boursier, et Anton Zeghers, maître directeur de l'hôpital Saint-Jean. Derrière eux, leurs patrons saint Jacques de Compostelle, en vêtement bleu, portant un bourdon et une calebasse d(î pèlerin, et saint Antoine, vêtu d'une robe de bure, un cochon à son côté.
* Volet de droite. — Saint Jean VÉvangêliste à Patmos. — A droite le Saint, en robe rouge, assis sur un rocher, de profd tourné vers la gauche, compose l'Apocalypse. Ses yeux sont levés vers le ciel où lui apparaît, dans un cercle lumineux, le Clirist, assis sur un trône, l'agneau posant les pattes sur ses genoux; devant lui brûle le chandelier et sont groupés les emblèmes des Évangélistes. Les douze vieillards sont assis en demi-cercle, en robes blanches, jouant de divers instruments de musique; en avant, un ange se tient debout et un autre officie sur un autel. Au-dessous, les quatre cavaliers se dirigeant vers la droite : l'un, vêtu de blanc et monté sur un coursier blanc, lance une flèche; un autre, bardé de fer, une épée à la main, est monté sur un cheval alezan ; le troisième, sur un cheval rouan, porte les balances; le quatrième — la Mort — vomi par un monstre, tient une lance à la main. Les hommes épouvantés se réfugient dans dos cavernes; au loin, les sauterelles monstrueuses sur le rivage ; sur la mer, un géant et au ciel des archanges entourant la Vierge.
* Au revers. — Dans une chapelle sont agenouillées deux sœurs hospitalières, Agnès Gazembrood, supérieure, et Claire van Hulsen, accompagnées de leurs patronnes, sainte Agnès, debout en robe noire et verte, tenant en laisse un agneau, et sainte Claire, en robe de bure, présentant une hostie dans un ostensoir.
Pann. cent., H., 1,74; L., 1,20. — Volets, H.. 1,74; L., 0,80. B. — Par le bord du cadre, on lit : Opus JolianniK Sîemling, MCCCCLXXIX, 1179. Cette inscription ost
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accompagnée des itiitialos J. et F. et de l'instrument appelé en flamand rcryies roedc, dont le donateur du tableau, Jan Floreins, frère jau;^eur de l'hôpital, se servait, dit-on, pour jauger les vios et les spiritueux. — M. J. Weale considiyre simplement cette marque comme étant celle do la famille Floreins, marque «ju'il retrouve sur le tableau du musée du Louvre. — « Cette œuvre marque, dans la manière de sentir et dans l'idéal, un élan tout personnel qui n'existait pas chez Van fij'ck et qu'aucun art, quel qu'il soit, no manifeste aussi délicieusement... Rien n'est plus exquis que le visage enfantin et féminin de sainte Catherine, si finement serré dans sa coiffure d'orfèvrerie» et de gaze, et jamais peintre amoureux des mains d'une femme ne peignit quelque chose de plus parfait en son geste, dans son dessin, dans son galbe, que la main pleine et longue, fuselée et nacrée qui tend un de ses doigts à l'anneau des fiançailles. A ne considérer que la forme, le geste naturel et sans pose, la netteté des teiots, la douceur satinée des épidermes, leur unité, leur souplesse, les ajustements dans leur couleur si riche, dans leur coupe si juste et si physionomique, on dirait de la nature elle-même observée par un œil admirablement sensible et sincère... Lo même clair-obscur que dans Van Eyck. avec dos souplesses nouvelles, quelques distances mieux marquées entre les demi-teinles et les lumières; en tout, une anivre moins énergique et plus tendre, telle est, en la résumant d'un coup d'œil, le premier aspect du Mariage mystique de sainte Catlteriue. « (Fko.mentin, p. 433.)