CHAPELLE DES FONDS BAPTISMAUX
École flamande du xiv'^ siècle. — Le Christ en croix.
Au milieu, le Christ en croix; trois anges bleus recueillent dans des calices le sang qui découle de ses plaies. A gauche, la Vierge évanouie entre les bras de saint Jean et de deux saintes femmes. A droite, Longin couvert d'une armure, appuyé sur un bouclier, une lance à la main; un prêtre, un homme en robe et chaperon roses, et un soldat. Dans des niches, à droite, sainte Barbe portant la tour; à gauche, sainte Catherine, une roue à ses pieds, tenant un glaive. Sur le fond doré et gaufré, on lit : Vere Dei filim iste.
Ce panneau, l'un des plus anciens monuments de la peinture flamande, fut peint pour la corporation des tanneurs. Il a été donné à la cathédrale jiar M. Vermeire van Damme, marguiUier. On peut y renrarquer de nombreuses ressemblances avec les œuvres de l'école de Cologne du xiv« siècle. « La figure du Sauveur est longue et maigre, les extrémités défectueuses; le ton des carnations manque de transparence et de clairobscur, les contours sont indécis, défauts caractéristiques de l'école de Westphaiie. D'un autre côté, l'ampleur et le coloris éclatant des ajustements annoncent l'école flamande. » (Cr. et Cav., I, 20.) M. J. V^^eale, qui remarque dans cette peinture les mêmes défauts, ajoute : « Le coloris large et vif des draperies indique l'école néerlandaise et me paraît être produit par l'emploi de l'huile dans ces parties du tableau. Il se peut que ces
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LA CATHHDllALE. 343
parties aient été retouchées à une époque postérieure. On ignore qui l'a peint; peut-(5tre est-il l'œuvre do maître Jean Coene qui, on l.'iSS, exécuta un tableau du Juf,'<'mont dernier pour la salle échcvinale à l'hrttel de ville, ou do Pierre de Deckere, natif d'Axel, qui s'établit à Bruges en 1407. » (J. Wbale, Ihugm, p. 22.)
Fourbus (PnyrER). — Triptyque de la Cène.
* Pannoaii rentrai. — La Ccnr. — Au milieu, le Christ, en rol»e bleue, vu do face, les yeux levés au ciel, bénit le pain qu'il tient de la main gauche; saint Jean, en robe rouge, est endormi sur l'épaule droite du Sauveur; les apôtres sont assis à droite et à gauche; au premier plan, vu (le dos, la tête en profil perdu, tournée vers la gauche. Judas, une bourse dans la main droite; à la partie supérieure est tendue une draperie verte. Par deux fenêtres, on aperçoit le paysage.
Signé, à gauche, sur un siège : t^e. Poarbas Faciehnt, loo9.
Volet de droite. — Le Prophète Elle. — Sous un genévrier est couché le prophète, à longue barbe grise, vêtu d'.une tunique grenat et d'un manteau bleu; il reçoit un pain et une cruche des mains d'un ange debout, à droite, en robe jaune et tunique verte; au fond, une ville fortifiée dans un paysage.
Volet de gauche. — Abraham et Meleh/srdecli. — A gauche, le patriarche, vêtu en soldat romain, reçoit de Melchisédech un pain et une aiguière; au second plan, derrière le roi de Salem, un homme qui serait le peintre lui-même en pourpoint noir, manteau vert, bonnet rouge, et derrière Abraham un homme en rouge, une couronne sur la tête.
* Aux revers. (La composition se suit sur les deux volets.) — Iji Messe de saint Grégoire.
Volet de gauci.e. — Le pape est agenouillé, de profil tourné à gauche, devant l'autel où lui apparaît le Christ; au premier plan, à gauche, un cardinal agenouillé; au second plan, un vieillard soulève une draperie verte.
Volet de droite. — Deux diacres, à genoux, tournés vers la gauche, soulèvent le bord de la chasuble du Pape ofliciant; derrière eux, deux enfants de chœur, portant des flambeaux, deux centurions et treize bourgeois, d'âges divers, en vêtements noirs, tous agenouillés.
Ce tableau fut exécuté en 1509, aux frais des treize membres de la confrérie du Saint- Sacrement, dont les portraits sont peints sur le revers.
École flamande du xvi^ siècle. — Sujets tirés de la légende de saint Joachini et de sainte Anne.
Au milieu, la naissance de la Vierge; à gauche, le mariage de saint
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Joachim et de sainte Anne; à droite, l'offrande de Joachim; dans l;i partie supérieure, différents épisodes.
M. Weale a donné une description détaillée de cette curieuie peinture, qui date des premières années du xvic siècle. {Jhxiges, p. 91-92.)
Nef centrale :
Hoecke (Jan van den). — Le Christ en croix.
Entre la Vierge et saint Jean, debout, et saint François d'Assise, agenouillé.
Autrefois, au maître-autel du couvent de l'ordre de Saint-François. « Une profonde sensibilité anime les traits, les gestes, les attitudes des différents personnages. (Alkbed MicHiELs, Hist. des peintres.)
Oost (Jacques van). — La Descente du Saint-Esprit.
Tableau exécuté on 1658.
Nef latérale de droite :
École flamande de la fin du xv^ siècle. — Triptyque.
Au milieu. — Le Crucifiement. — Les trois eroix sur le calvaire. Au milieu, devant la croix où le Christ agonise, la Vierge, en robe bleue, s'évanouit entre les bras de saint Jean, en manteau rose; à son côté, la Madeleine en robe verte et une sainte femme en robe rouge ; à droite, des soldats; sur le devant, un chien rongeant un os.
A gauche. — Le Portement de croix. — Jésus, en robe bleue, succombe sous la croix que Simon l'aide à porter ; à droite, sainte Véronique, agenouillée, de profil tournée vers la gauche, en robe bleue à manches vertes, coiffée d'un turban rose; au fond, l'escorte, la Vierge et saint Jean ; à l'horizon, les fortifications d'une ville.
A droite. — La Descente de croix. — Le Christ, étendu sur le sol, est soutenu à gauche par saint Jean, vêtu d'une robe rose. A droite, la Vierge agenouillée et la Madeleine; au second plan, une sainte femme. Fond de paysage avec des rochers.
Signé : Meeren, 1510.
Cette signature est certainement fausse.
t Attribué légèrement à Gérard van der Meire; comme sentiment, comme dessin et comme couleur, il est de beaucoup inférieur aux productions de ce maître: la douleur de la Vierge est cependant bien exprimée. » (J. "Weale, Bruges, p. 102.) La personnalité de Van der Meire n'est pas suffisamment établie pour qu'on puisse lui attribuer ou lui refuser la paternité de cette remarquable composition, qui ne pourrait que lui faire honneur et qui nous semble l'œuvre d'un maître encore à déterminer.
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Transept de droite :
DANS LA CMAPKLLE S AI \TE- H ARBK
* Bloondel (Lancfxot). — La Vierge, saint Luc et saint Êloi.
Au milieu d'un riche motif architectural, sur un trône, est assise, de face, la Vierge, en robe rose et manteau bleu, tenant sur son genou gauche l'Enfant Jésus, qui lui prend le cou; debout, au premier plan, à gauche, saint Luc, de profil tourné vers la gauche, en manteau xiolct et toque noire, un livre dans la main; à droite, saint Éloi, mitre et crosse,. vêtu d'une riche dalmaticpie, do profil tourné vers la gauche.
Signé au pied du trône : L. 13., 1545.
Gravé par Taurel {rArl chrétien, pL xiv). Exécuté pour la corporation des peintres^ de Bruges, en 1545. Le saint Luc passe pour être le portrait du peintre.
CIIAPKLLK SAINTE-BARBE
Claeissens (Pieter). — Triptyque.
Panneau central. — Ecce homo. — Au milieu, le Christ, dépouillé de ses vêtements. A gauche, le grand prêtre, en robe verte, tunique rouge et manteau vert, un roseau dans la main gauche, montre le Christ do la main droite. Un homme en bras de ctiemise et caleçon brun clair lui pose les mains sur l'épaule et le bras.
Volet de gauche. — Saint Jean l'ÉvangcUstr, en robe rouge et manteau rose, tient dans sa main un calice qu'il bénit.
Volet de droite. — Le Donateur Jran Monlanus, abbé de l'Eeckout, en vêtements sacerdotaux, est agenouillé, tourné vers la gauche; fond de paysage.
Signé sur le panneau central, à droite : Pétris Claeiss fecit, 1609.
École flamande du xv°-xvi'- siècle. — Mort de la Vierge.
Réplique, avec variantes, du tableau du même peintre à l'Académie de Bruges. (Voir p. 333.) — Attribué, sans preuves, à Jaii Schorel.
Pourtour du chœur :
troisième chapelle dite de saint-joseimi
* École flamande. — Triptyque dit de Saint-IIippolyte.
Panneau central. — Martyre de saint IUppolytr. — Au milieu, le saint est étendu sur le dos, les quatre membres liés à des harnais d'attelage que tirent quatre chevaux fouettés par leurs conducteurs; au premier
plan, les vôtcments du saint; au fond, sur un tcriro, trois spectateurs assis.
Volet de droite. — Le proconsul, en costume oriental, accompagné de quatre personnes, annonce sa condamnation à saint llippolyte, agenouillé, de profil tourné vers la gauche, vêtu d'un manteau bleu, et chausses rouges; au fond, sur un sommet, un château fort.
Volet de gauche. — Dans un paysage, le donateur et sa femme, agenouillés, de trois quarts tournés vers la droite; au fond, une maison sur le bord d'une rivière.
Revers des volets. — Quatre figures, debout, en pied, en grisaille : saint Gharlemagne, saint Hippolyte, sainte Elisabeth et sainte Marguerite.
Les critiques qui attribuent celte peinture à Momling y croient trouver une preuve d'un séjour de l'artiste à Venise, où il aurait copié les fameux chevaux de bronze. Cette opinion est fort contestable ; car, coname le font remarquer Cn. et Cav. (II, 7 »), « ces animaux ne sont ni traités avec le même naturel, ni dessinés avec la même correction que ceux de l'Apocalypse dans le Mariage de sainte Catherine. La composition ne s'élève, d'ailleurs, guère au-dessus des plus médiocres productions des élèves de Memling; les figures sont mal faites, la structure des muscles mal exprimée, les draperies de mauvais goût et les poses exagérées, selon l'habitude de Stuerbcut. » Tel est également l'avis de Wa.\ge?j (I, 124), de Wauters {Peint, flnm., 82), de J. Weale {lirxiges, p. 102) qui remarque, avec justesse, que « le sujet représenté dans le compartiment du milieu est tout à fait étranger aux sentiments délicats et exquis de Memling », que < le volet gauche est dans le même style », mais que « le volet droit tient davantage de la manière de Memling ». Malgré la justesse de quelques-unes de ces critiques, cette peinture vivante et colorée nous semble une œuvre digne d'étudo et dont il serait intéressant de déterminer l'auteur.
École flamande du xv'^-xvf siècle. — Volets d'un retable en bois sculpté..
Volet gauche. — Partie inférieure. — La Conversion de saint Hubert. — Partie supérieure. — La Consécration de saint Hubert.
Volet droit. — Partie inférieure. — Condamnation de sainte Lucie. — Partie supérieure. — La Charité de sainte Lucie.
Au revers. — Saint Gilles et trois évcques.
Daté sur le cadre : 1533.