‹ La peinture en EuropeChapitre 77 sur 501 · Quentin Matsys · texte numérisé non relu

Quentin Matsys

Légende de sainte Anne (Revers des volets du triptyque).

MUSKK dp: HUlXIil.!. F-S. ôO

ouverture, on voit, à la porte dune maison, les deux époux laisanl laiimône. Au fond, une tour gothique.

Signé, sur le revers du volet de gaiiclie, à la base des colonnes (|ui s'élèvent sur le portail du tenipl(> :

QVIN T( METSYS

SCFIEF hJT ^V ^ 9

« Le peintre semble avoir voulu atlaclier une imporlanc»! particulière à celte partie de son œuvro. Non seulement c'est ici qu'il trace sa signature, mais, chose étrange, le document tenu par un des assistants débute par les premières lignes d'un acte de donation fait par Motsis eu faveur de ses enfants, sous la date du 15 mars lôOS, comme s'il avait voulu rehausser ainsi la solennité des ei gagenicnts qu'il avait contractés. » (Hymans, Gazelle dfs Jhaiix-Arls, 11* série, t. XXXVII, p. 214.)

Volet de droite. — Mort de sainte Amie. — Au milieu, sainte Anne est couchée dans un lit dont la couverture et les draperies sont rouges; à droite, le Christ, en robe bleue, de profil tourné vers la mourante qu'il bénit de la main gauche. Au premier plan, une sainte femme, agenouillée, en manteau vert, vue de dos, essuie ses larmes avec un linge; à droite, lui faisant vis-à-vis, une autre sainte femme, de profd tournée vers la gauche, et, au second plan, la Vierge, en robe bleu clair et voile blanc, qui se penche vers sa mère, un cierge à la main; près d'une fenêtre à meneaux, saint Joseph et saint Joachim.

« Jamais l'instant suprême où l'âme va se dépouiller de son enveloppe mortelle n'a ('té rendu d'une manière aussi saisissante. Ce nest pas la décomposition du corps que nous a montrée l'artiste, c'est le départ de l'âme pour les sphères célestes. » (Fiîtis.) « Cette scène l'emporte, par le mérite de l'exécution, sur l'ensemble des œuvres flamandes parues jusqu'alors. Van Eyck a plus d'éclat, Memiing plus de douceur. Aucun n'arrive à ui.e réalisation plus complète, ne modèle avec plus de science. L'expression ne le cède (toint en noblesse au dessin lui-même et l'harmonieux ensemble évoque le souvenir du Fraiu ia. • (HVMANS, id.)

* Au revers. — L'Offrande de Joachhn repoussee. — Au milieu, au second plan, le grand prêtre, vu presque de face, en riche dalmatique, coiffé d'une mitre, repousse Joachim, qui, les mains jointes, en manteau violet, s'éloigne vers la droite. Au fond, groupe d'assistants parmi lesquels on croit reconnaître un donateur, en pourpoint vert.

Pan. central, H., 2,25 ; L , 2 19. —Volets, H., •2,22; L., 0,9>. B.— Fig. gr. nat. —Commandé à l'artiste par la confrérie de Sainte-Anne, à Louvain, ce triptyque, placé dans cette ville, à l'église Saint-Pierre, fut transporté, en n91, à Paris, par les commissaires du Directoire. Restitué en 1815, il fut cédé, en ]8'79, par le Conseil de fabrique de l'église au gouvernement, au prix de 200,000 francs. C'est la plus ancienne œuvre connue du grand art'sto. Le fameux triptyque du musée d'.^nvors fut ach.evé deux ans plus tard (1511). Le paysage

GO M r S Iv E DR IJ R U X F, F, I. E S.

qui sert de fond permet de supposer (jue Joacliin Patinir collaboia à IV/uvre de son ami, qui devait être plus tard lo tuteur do ^es enfants. — Ce triptyque fut restaur»-, en 18G4, par les soins de M. Klionno Lo Uoy ; les panneaux ('•taiont alors disjoints, et dnotables parcoUos de couleur s'en «"itaient détachées. Au cours de ce travail, M. Pétis put remarquer que la peinture n'(^tait pas à l'huile, mais en d<''irrmpe, avec glacis à l'huile dans les ombres, le tout rocouvert d'un vernis do copal bl>tnc; ceci eiplique la tonalit'i un peu pâle de l'ensemble do l'œuvre, qui a certainement souffert aussi bien do l'action de la lumière dans son panneau central, que des anciennes restaurations. — Il existe à la collection ro5'ale de Bruxelles une estampe portant la date de lo'îO, dans laquelle figur*.un motif architectural qu'on no retrouve pas dans l'original. On y voit, en effet, dans unilunette centrale, sous un pinacle, lo Père Éternel entre David et Moise ; l'entablement est surmonté do quatre génies, dont les deux extrêmes tiennent, l'un l'écu aux armes de Liège, l'autre, les armes de la principauté. Mais ou ignore si positivement l'œuvre de Quentin Matsys contenait ces détails ou s'ils sont une simple invention du graveur. — « Muette sur les circonstances de la production de cet ensemble grandiose, l'histoire no nous dit point davantage l'impression qu'il produi.sit sur les contemporains. Nul auteur n'a pris la peine de noter la date de son exhibition première, et Van Mander la passe même sous silence. Fickaert n'en paraît pas avoir jamais entendu parler, et si Fornenbergh le mentionne, sa description est à ce point inexacte que, pour s'excuser, il invoque le lointain souvenir qu'il a de l'œuvre. » (Hymans, id.)

Matsys (Jan), ou Metsys, ou Massiis. — Flamand, 1509-1575.

* 341. — La Chaste Suzanne (salle VUI).

Elle est assise au milieu, nue, avec une draperie blanche à fleurs sur le haut des jambes, adossée à un édicule en marbres sculptés, de trois quarts tournée vers la droite, levant le bras gauche vers deux suivantes qui s'éloignent vers la droite. A gauche, derrière l'édicule, se cachent les deux vieillards. Au premier plan, à droite, un bassin plein d'eau. Au fond,' un bouquet d'arbres, et une ville à l'horizon.

H., 1,61 ;L., 2,14. B. — Fig. gr. nat. — Acheté 2,500 francs, en 1872, à M. Schulzen.

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