FIG. 103. ALFRED STEVENS
Une contemporaine. (Collection Crabbe, à Bruxelles. H. 1,30. L. o.()o.)
Bruxelles) ; le Moulin, par Fourmois (Musée de Bruxelles) ; VEtalon, par Alfred Verwée.
1870. Inauguration des fresques d'Henri Leys, dans la salle du
Conseil communal, à l'hôtel de ville d'Anvers.
1871. Mort du paysagiste Théodore Fourmois (1814-1821)', à
Bruxelles.
1872. Salon de Bruxelles : la Folie de Hugues Van der Goe^ (Mu-
sée de Bruxelles) et Marie de Bourgogne devant le Magistrat de Gand (Musée de Liège), par Emile Wauters; V Atlas f par Henri de Braekeleer (Musée de Bruxelles), (fig. io5); portrait de M. Sanford, par De Winne; les Travailleurs italiens dans la campagne de Rome, par Hennebicq (Musée de Bruxelles); la Marche des saisonS) par Smits (id.); V Allée des Charmes, par Boulanger (id.).
1873. Exposition universelle de Vienne: io3 peintres y prennent
part avec 207 tableaux.
Inauguration des vues du Vieux-Bruxelles, par Van Moer (Hôtel de ville de Bruxelles).
1874. Mort de Gustave Wappers, à Paris (1804-1874). Exposition internationale de Londres : Joseph Stevens
avec \di Protection (Coll. du comte de Flandres) y obtient le grand prix dans le concours international ouvert entre tous les genres.
Mort du paysagiste Hippolyte Boulanger (1837- 1874), à Bruxelles*.
1875. Salon de Bruxelles : A Vaube, par Ch. Hermans (Musée de
Bruxelles), (fig. 107); portrait du jeune Somzée, par Éin. Wauters ; une Vocationj par Cluysenaar (Musée de Bruxelles); groupe d'enfants, par Agneessens. Guifens et Swerts décorent à fresque la salle échevinale de rhôtel de ville de Gourtrai.
l877' La ville d'Anvers célèbre par des fêtes solennelles, un congrès artistique, une exposition 3 et un concours, le troisième centenaire de la naissance de Rubens.
1. E. Greyson : Théodore Fourmois. [Journal des Beaux-Arts, 1871, p. 16+).
2. Camille Lomonnier : Hippolyte Boulanger {Ga\etle des Beaux-Arts, 1879. T. II, p. 2ss).
3. L'Œuvre de Rubens. Catalogue de V Exposition. Élaboré par MM. Goovaerts, H. Hymaiis, Rombouls et Rooss.s, Anvers, 1879.
Mort de Madou, à Bruxelles.
1878. Exposition universelle de Paris : 144 peintres belges y par-
ticipent, avec 327 tableaux. Médaille d'honneur : Emile Wauters (histoire et portraits); médailles de i" classe : De Winne (portraits), Ch. Verlat (histoire et animaux); Alfred Stevens et FI. Willems (genre); médailles de 2^ classe : Cluysenaar (histoire et portraits) et Clays (marine); médailles de 3^ classe : Alf. Verwée (animaux), M" Marie GoUart et Lamorinière (paysages). Décoration de Tescalier des lions, à l'hôtel de ville de Bruxelles, par Emile Wauters.
1879. Exécution des tapisseries de la salle gothique de l'hôtel de
ville de Bruxelles, par la maison Bracquenié, de Malines,
d'après les cartons de G. Geets.
Mort du portraitiste Liévin De Winne (1821-1880), à
Bruxelles.
Salon de Paris : La Rade d'Anvers, par Mois (hôtel de ville
d'Anvers): V Embouchure de l'Escaut, par Alf. Verwée. Exécution par L. Gallait de quinze portraits historiques
pour la salle du Sénat, à Bruxelles (1875-79).
1880. Gélébration du cinquantenaire de l'indépendance nationale.
Inauguration du palais des Beaux-Arts. Exposition historique de l'Art belge (i83o-i88o)' ; 337 peintres y prennent part, avec 967 tableaux. Principaux exposants. Histoire et portraits : Gallait, Leys, Cluysenaar, Lies, Hennebicq et Meunier. — Portraits et figures : Navez, De Winne et Portaels. — Genre : Alfred Stevens, Henri de Braekeleer, Ch. Hermans, Degroux, Madou, Willems, Smits, Mellery, Van Beers et Jean Verhas. — Animaux : Joseph Stevens et Alf. Verwée. — Paysages : H. Boulanger, Fourmois, De KnyfF, Heymans, Lamorinière, M° Marie Collart, Coosemans, Dubois, De Cock, Baron, Is. Verheyden et de Schampheleer. — Vues de villes : Moer. — Marines : Clays, Mois et Artan. — Fleurs : Van Robie. — Aquarelles et dessins : Félicien Rops, Staquet, Uytterschaut et Pecquereau. — Expositions particulières d'Emile Wauters et de Charles Verlat.
1. Camille Lemonnier : Cinquante ans de liberté. Histoire des Beaux- Arts en Belgique. BruxelL's, 1881. — Lucien Solvay : L'Art et la Liberté. Les Beaux-Arts en Belgique depuis i83o. Bruxelles, 1881.
APPENDICE
Pauwels décore à fresque les Halles d'Ypres. It. Salon de Bruxelles : Portraits (Coll. Somzée), par Emile
Wauters (fig. ip8); Circé, par Hermans; la Maison hydraulique, par H. de Braekeleer; le Yacht « la Sirène », par Van Becrs; Printemps, par Henri Van der Hecht.
3 9t DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.
Fondation, à Bruxelles, de sociétés de panoramas : Le Caire et les bords du Nil, par Emile Wauters (Vienne); la Bataille de Waterloo, par Ch. Verlat (Anvers); la Bataille de Frœschwiller, par Alf. Cluysenaar (id.)i883. Exposition internationale de Berlin: Emile Wauters y remporte la grande médaille du Salon. Manifestation du Conseil communal et des Sociétés artistiques de Bruxelles en son honneur.
Le rapide coup d'œil que nous venons de jeter sur les années écoulées du xix° siècle démontre que Fécole belge a repris, parmi les écoles de peinture deTEurope, un rang digne delà grande école flamande, qu'elle a la mission difficile de continuer. Si ses peintres n^ont plus, autant que leurs illustres prédécesseurs des xv" et xvii^ siècles, un style personnel, une couleur propre et une manière particulière de comprendre un sujet commun, la cause en est dans le mouvement des siècles, qui transforme les hommes et les choses.
L'art ne cesse de refléter la société. Les progrès merveilleux de la locomotion, Tinstitution des expositions internationales, chaque jour plus nombreuses et plus suivies, l'instruction qui gagne toutes les classes de la société, la fraternité des peuples et leurs rapports incessants tendent à faire disparaître les différences nationales. Il n'y a plus guère de procédés d'école ; partout on s'inspire aux mêmes sources, partout on lit les mêmes livres, partout le goût se révèle sous la même forme. Il n'y a plus de distances. Paris est aujourd'hui plus près de Bruxelles que Bruxelles n'était d'Anvers au xvii* siècle. « L'avènement de la démocratie et du cosmopolitisme, voilà ce qui
jÇ(î
DIX-NEUV^IEME SIECLE.
caractérise notre époque. Les distinctions entre les ^
classes et les races disparaissent également. Les hommes deviennent partout égaux et semblables. Ceux qui dé-
FIG. JOb. EMILE WAUTERS.
Portrait. (Galerie Somzée, à Bruxelles H. 2,95 L. 2,00.)
passaient les autres ne paraissent plus aussi grands, parce que tous ceux qui étaient au-dessous d'eux se sont élevés ^ »
A part donc quelques tempéraments d'élite, qui conservent plus vivace et expriment plus fidèlement le caractère national, Pécole belge, dans son ensemble, tend à se confondre dans la grande école européenne. Mais le culte de Part n'en est pas diminué : la peinture reste, en Belgique, la langue poétique du pays. Chaque fois que l'Europe a convié les peintres belges aux grandes luttes internationales, ils s'y sont portés en foule, ont montré des oeuvres qui provoquaient les suffrages et remportaient les plus hautes distinctions. « De toutes les gloires qu'un pays peut acquérir, disait dans une solennité récente le bourgmestre de Bruxelles, il n'en est pas de plus populaire chez nous que celle que donne la culture de l'art de la peinture. »
Il n'est pas de pays non plus où, toutes proportions gardées, cet art compte plus de disciples dans tous les genres. La Belgique a des peintresde portraits, d'histoire religieuse et profane, de batailles et de genre, des animaliers, des paysagistes, des marinistes, des peintres de vues de villes, de natures mortes, de fleurs et d'accessoires ; elle a aussi quelques artistes qui, fidèles aux fortes et nobles traditions que leur a léguées la grande époque, se refusent à s'enfermer dans l'enclos étroit d'une spécialité, abordent tous les genres et ne craignent pas de contempler fièrement, dans toute son étendue, le
I. Emile de Laveleye : Exposition universelle de 1867, à Paris. — Œuvres d'Art. — Rapports, p. 3.
APPENDICE
vaste domaine de la peinture. Cela est bon à rappeler de nos jours, où Ton vante un peu trop les talents spéciaux et la peinture de « morceaux «.
Seule la place suprême reste inoccupée. Il manque à l'école un artiste de grande race qui, dédaigneux du morceau, aborde avec audace et en grand Tinterprétation de Pesprit du siècle, c'est-à-dire de notre vie artistique, scientifique, politique ou industrielle. Les luttes sociales, l'exercice de nos droits politiques, les progrès de la civilisation, les solennités artistiques, les merveilles de la science moderne et de l'industrie, ne sont-ce donc pas Jà des terrains riches en sujets de tous genres ^ et les sources rationnelles du grand art à notre époque? Pour ceux que les salons, les assemblées publiques, les salles de justice ou les solennités laisseraient indiffépents, n'y a-t-il pas les chantiers d'Anvers, les ateliers ide Seraing, les fonderies de Liège, les charbonnages, Mes hauts fourneaux et les verreries du Borinage ? Quel décor et quelle population ! Quelle vie, d'autre part, et quelle noble mission que de glorifier de telles luttes, de tels progrès et de telles conquêtes ! Quand donc verronsnous apparaître l'œuvre forte, mâle, dramatique et populaire qui fera passer dans la grande peinture par excellence, dans la décoration de nos monuments publics, l'âme du xtx*" siècle?
L'école belge compte assez de jeunes artistes doués et ardents pour qu'il ne faille pas complètement désespérer d'une telle gloire.
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