FIG. 30. JOSSE VAN CI.ÈVE
Vierge en prière, (Musée des Offices, à Florence. H. 0,53. L. 0,33.)
ijS SEIZIEME SIÈCLE.
dier au Prado, qui possède douze de ses paysages, et à la galerie de Dresde, qui en a sept.
Bruxelles. — A Bruxelles, parmi les peintres de Tempereur et des gouvernantes, nous trouvons ^Ç"Jean Corneille Vermeyen * (i5oo-i55o) de Beverj^ wyck près Haarlem, occupant à la cour une place privilégiée et fort en vue. En i529, il accompagna la gouvernante à Cambrai, à l'occasion de la « Paix des Dames ». Charles-Quint Payant pris à son service, remmena dans ses expéditions, dont il retraça les épisodes guerriers dans de grandes compositions pittoresques et mouvementées. C'est ainsi qu'il fut l'historiographe de la campagne de Tunisie, en i535. Vermeyen fut également portraitiste de talent : les anciens comptes nous révèlent les noms de nombreux personnages d'Allemagne, d'Espagne et des Pays-Bas dont il fit les portraits, aujourd'hui, malheureusement, perdus ou ignorés 2.
Trois tableaux de sa main — les seuls que l'on connaisse — ont été découverts par nous dans la galerie du marquis Mansi, à Lucques. Ils représentent la Bataille de Pavie (i525), la Pj'ise de Rome (1527) et le Siège de Tunis (i535). Ce ne sont peut-être que des modèles de cartons pour tapissiers, car Vermeyen mit également son talent au service des célèbres hautsliceurs bruxellois. C'est à la demande de l'empereur lui-même qu'il composa, en i54g, une série de cartons
î. Van Mander : Het Schilderboeck, p. 224, verso. 2. Pinchart : Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie. {Revue trimestrielle des Arts, t. III, p. i36.)
retraçant, en douze imposants tableaux, VHistoire de la Conquête de Tunis. De Pannemaker de Bruxelles se chargea de les traduire en de somptueuses tentures, encore conservées à Madrid (fig. 3i)^ Les cartons de Vermeyen sont à Vienne, où se trouve également, au palais de Schœnbrunn, une réplique des tapisseries, tissée au xviii" siècle. On y voit les portraits équestres de Charles-Quint et des principaux officiers de son armée, de nombreux épisodes militaires pris sur le vif, des panoramas topographiques de villes et de ports, des débarquements de troupes, des revues, des campements, des escarmouches, de magnifiques escadrons de cavalerie, des combats de terre et de mer, qui proclament hautement le talent original et national de Vermeyen, et le révèlent comme le plus ancien et peutêtre le plus brillant batailliste de Técole. L'artiste mourut à Bruxelles en 1559, laissant, croit-on, un fils nommé Henri, qui alla s'établir à Cambrai, où il fit souche de peintres 2.
A la même époque vivait à Bruxelles, puis à Anvers, la famille des Coninxloo, dits Scherniet^j dont l'histoire est à débrouiller, les ouvrages à découvrir et Tarbre généalogique à redresser '. L'esquisse suivante est très conjecturale.
1. Eug. Mûntz : La Tapisserie, p. 217. {Bibliothèque de V Enseignement des Beaux-Arts.)