AMBERT LOMBARD ET LES ROMANISTES A LIEGE
Au moment même où, à Bruxelles, le vieux Van Orley disparaissait de ce monde (1542), un nouvel enthousiaste, récemment revenu d'Italie, ouvrait une école à Liège, sa ville natale. Un centre d'activité artistique s'y développait aussitôt, remuant et renommé. L'Allemagne et la Hollande y envoyèrent des écoliers et, phénomène assez curieux pour être signalé en passant, dans la ville wallonne accoururent aussi les deux chefs futurs de l'école anversoise antérieure à Rubens : Frans Floris et Otho Vœnius.
Lambert Lombard ( f5o5- 1 566) % que souvent par erreur on appelle Susterman ou Suavius, naquit à Liège en i5o5. Après avoir reçu les premières notions de peinture, d'abord à Anvers, chez un artiste peu connu, du nom de De Béer, puis à Middelbourg, chez Jean Gossaert, Lombard, protégé par le prince-évêque de Liège, s'attacha à la fortune du cardinal anglais Pôle et suivit celui-ci en Italie. Il était de retour au
I. Lampsonius : Lamberti Lombardi.... Bruges, chez Hubert Goltzius, i565. — Helbig : Histoire de la peinture au pays de Liège. Liège, 1873, p. 121.
jja SEIZIEME SIECLE.
pays en 1 540, et son atelier fut aussitôt fréquenté par de nombreux disciples, qu'il forma bien plus par ses conseils que par ses exemples. Également attentif au mouvement des esprits et au progrès des arts, Lombard fut à la fois poète, architecte, archéologue, graveur et peintre distingué. Nature d^élite, aux goûts élevés, il exerça sur ses élèves et, par eux, sur son époque, une influence très considérable. Son tempérament et son enthousiasme favorisèrent, il est vrai, la création d^un art hybride, qui faillit un instant étouffer Técole nationale, mais qui;, en définitive, grâce à Rubehs, allait servir moins à sa chute qu^à son éclatant triomphe.
On ne connaît aucun tableau véritablement authentique de Lombard. Toutes les attributions des catalogues ne sont que des suppositions. A Liège, cependant, les collections particulières doivent renfermer quelques ouvrages authentiques. Pour se faire une idée de son style, qui conserve quelques réminiscences de la grâce séduisante et de Pattrait particulier des maîtres florentins, il faut recourir à ses dessins, faits, la plupart, à la plume et ombrés à Fencre de Chine ou à la sépia. Plusieurs sont signés Lambertus Lombard et datés des années i552 à i562.
Lombard mourut en i566. Ses élèves les plus connus sont : i" Guillaume Key, ou Cayo, de Breda (vers ^ 1 520-1 568), artiste fameux en son temps, et qui . fS— partagea avec Antoine Mor Thonneur inquiétant d^être le peintre du duc d^Albe^ Ses portraits sont perdus. Le catalogue de Hampton-Court lui