‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 114 sur 273 · LES EXPOSITIONS DE L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

LES EXPOSITIONS DE L'ACADÉMIE

surtout à la publicité en rétablissant les Salons à la fin du siècle qu'ils prolongèrent leur durée au delà des limites habituelles uniquement pour la commodité des visiteurs : le palais Brion n'était resté ouvert que neuf jours en 1673; en 1699 les visiteurs furent admis vingt jours dans la grande galerie du Louvre, et près d'un mois en 1704. La proportion des genres exposés se modifia également d'une façon caractéristique : au lieu de 150 tableaux d'histoire environ pour une soixantaine de portraits, en 1699, on compta plus de 200 portraits pour 150 tableaux d'histoire en 1704 ; la clientèle bourgeoise commandait surtout des portraits. Malgré de prudentes circonlocutions, les livrets eux-mêmes traduisent la préoccupation dominante des académiciens. Ceux-ci savent, dit le catalogue de 1704, que «quoique la plupart de leurs ouvrages soient faits pour contribuer à la majesté des temples et à la magnificence des palais, il ne laisse pas d'y avoir un grand nombre d'autres qui ne sont pas plutôt placez dans les cabinets où ils sont destinés qu'ils sont souvent dérobez aux yeux du public et qu'ainsi les progrès que l'Académie fait dans les arts pourraient être ignorez* ».

Les expositions disparaissent cependant de 1704 à 1737 parce que la Compagnie, dans la misère, ne peut plus subvenir à leurs frais. « La dépense et les grands préparatifs qui y sont nécessaires [à la solennité], disent les Procès-verbaux, empêchent de [la] faire aussi souvent qu'il seroit à souhaiter"' » : l'installation avait coûté 826* 6 s. 6 d. en 1699, et 1571"*^ 3 s. en 1704^ ; le roi en avait assumé la charge, mais le Trésor, à la fin du règne, n'est même plus en mesure de faire face aux dépenses urgentes\

Les jeunes académiciens surtout souffrent de la suppression

durera cette feste, l'Académie s'abstiendra de s'assembler en particulier et mesme que l'exercisse de l'Escole sera suspendu pour lesser au public la liberté d'entrer partout et de satisfaire sa curiosité ». {Proc.-verb., t. II, p. C.)

1. J.-J. GuiflFrey, Réimpression des livrets des anciennes expositions, '704.

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