‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 17 sur 273 · I.OUVOIS SIIRINTI.NDANT DF.S l'.ATIM KNTS · texte numérisé non relu

I.OUVOIS SIIRINTI.NDANT DF.S l'.ATIM KNTS

velle à l'usage des jeunes artistes est ouverte aux Gobelins*. Quant au Cabinet du roi, il n'augmente guère, mais il ne diminue pas après la mort du ministre. Les acquisitions ordonnées parLouvoisà l'étranger, de 1583 a iO(-)0,sont de médiocre importance-. Dans son Inventaire des tableaux du Roi {i']OC)-i'jio),BsLil[y catalogue 2376 toiles', à peu près le même nombre qu'en 1080. Mais Colbert avait laissé les tableaux à Paris pour le plus grand profit des peintres'; à la tin du siècle on les transporte à Versailles et dans les autres résidences royales. En 1704 il en reste à peine 90 au Louvre et quelques-uns à l'hôtel de Grammont'. Bientôt même on retire les dernières toiles du Louvre, sous prétexte de donner aux peintres une place pour organiser leurs expositions. Les académies de province seules ont disparu. Elles n'ont pas été officiellement supprimées : mais elles n'étaient pas viables et Colbert avait déjà pu prévoir leur échec. Il les considérait comme un nouvel instrument de centralisation; par essence, au contraire, elles tendaient à l'autonomie : immédiatement en conflit avec l'Académie de Paris, elles succombent dans la lutte.

En somme, l'œuvre de Colbert subsiste presque entière en 1721,, malgré le passage aux Bâtiments de Louvois, dont le plus ardent désir a sans doute été de la ruiner, malgré la mort de Louis XIV, malgré le désordre des finances. Quatre surintendants ne l'ont pas ébranlée : l'expédition des affaires courantes absorbe, il est vrai, toute leur activité.

Louvois occupe encore la charge de surintendant en 1(190, mais il s'en désintéresse complètement. 11 avoue lui-même son incompétence : « Comme je ne suis point curieux, écrit-il à La Teulière, c'est-à-dire que je ne me connais point en peintures ni en statues, je ne vous demande point de statues chères par leur antiquité, et j'aime mieux une belle copie d'un marbre bien poli qu'un antique qui ait le nez ou le bras cassé. Je vous prie de ménager ma bourse sur les statues, en ne lesprenantpas extrêmement mauvaises, de nepasaussi chercher une extrême beauté qui les renchérit considérablement" >/.

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