D'Argenville, 1762, t. I\', p
3ç,2 LES ÉLÈVKS DE WATTEAU : LANCRET
ordonnance »; il ache-wi enfin le Por/mil du peintre Rindcrs et de sa femme (."'') qui passa cà la vente Prousteau en 1760'.
Souvent des compositions de l'élève ont été attribuées au maître : Mme de Graffigny croyait déjà que le Baiser donné et le Baiser rendu de Pater, au château de Cirey, dans l'appartement de Mme du Châtelet, étaient l'œuvre de Watteau; Bûrger proposait encore ce nom pour la Surprise au bain et le Bain rustique de la collection d'Arenberg, dont la paternité a été rendue à Pater-; mais ces erreurs deviennent de plus en plus rares : le tempéranient, la vie des deux artistes sont mieux connus, et leur étude critique est plus approfondie. Pater n'imite servilement Watteau que dans les sujets mondains, parce qu'il est incapable de les imaginer. Flamand de naissance et de goût, il ne comprend bien que les scènes de foire et de cabaret; s'il peint des anecdotes galantes, c'est que les amateurs en réclament et que — assez avare — il n'aimait pas à refuser une commande; mais il est vraiment difficile de le confondre avec son maître. Même dans les petites œuvres de ses débuts, Watteau donne du charme à ses compositions, de la grâce à ses personnages, de la légèreté à son coloris; même dans les compositions de sa maturité, Pater peint des types vulgaires, d'un pinceau lourd.
Lancret est le second élève de Watteau. « C'a été un grand avantage pour cet artiste, dit d'Argenville, d'avoir été précédé par un génie qui lui a frayé une route dont il a sçu si bien profiter... il se décida pour le genre de peinture de Wateau qui étoit alors extrêmement à la mode. Les sources où avoit puisé ce gracieux maître ne lui étoient pas inconnues, il alla les chercher comme lui chez Gillot. Heureusement, Wateau qui l'aimoit lui fit sentir que les maîtres ne sont bons que jusqu'à un certain point... Lancret le crut... 11 composa deux tableaux dont Wateau parut si satisfait qu'il ne put i^ésister au plaisir de l'embrasser-^ ». L'Académie reconnaît implicitement cette filiation en reprenant, pour le tableau de réception de Lancret (24 mars 171Q), ce terme de Fête galante* qu'elle n'a encore appliqué qu'une fois, et bien timidement, on