SS QUERELLE DES RUBÉMSTES ET DES POLSSLMSTES
guérison... * ». La maladie du Premier Peintre est de 1671 : il ne vient pas à l'Académie du 2 mai au 24 décembre-.
Les Procès-vcrbûiix signalent à peine cette affaire. Testelin. qui les rédige alors, est un piètre écrivain; ses comptes rendus sont toujours superficiels et incomplets. 11 donne une seule indication, à la date du 24 décembre 1671 : « Le mesme jour, M. Champagne, neveu, a demandé à l'Académie de relire la Conférance de Monsieur son oncle où a esté parlé de la couleur, et repasser en mesme temps sur ce qui en a esté dit par M. Blanchar, sur quoy a esté résolu que cela fera Tentretien de la Conféransse prochaine »\ Il n'a pas dit un mot des conférences de Blanchard et de Ph. Champaigne qui provoquent l'intervention de J--B. de Champaigne; il ne note pas les suites de l'incident : aussi a-t-on dû longtemps s'en tenir au texte vague de Guillet. Mais toutes les pièces du débat ont été retrouvées récemment aux archives de l'École des Beaux- Arts et publiées iu-i'xlc>is(y\ Le 12 juin 1071, Philippe de Champaigne lit une Conférence sur un tableau du Titien représentant la ]'iers>\% r Enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste, où il défend énergiquement la cause du dessin. Blanchard riposte le 7 novembre par un Discours sur le mérite de la couleur. Cette réplique est agressive au point qu'on supprime, dans sa rédaction, deux paragraphes injurieux pour des collègues. Le 24 décembre, J.-B. de Champaigne lit en séance la note dont le procès-verbal de Testelin nous a conservé le souvenir : il prend violemment Blanchard à parti et, le g janvier 1672, après une nouvelle audition des conférences de Philippe de Champaigne et de Blanchard, il défend <âprement les conclusions de son oncle dans un travail: Contre le discours fait par M. Blanchard sur le mérite de la couleur. Le Brun, rétabli maintenant, est 1 arbitre désigné de la querelle; j.-B. de Champaigne a d'ailleurs invoqué son intervention le 24 décembre. Il prend la parole le 19 janvier et tranche le différend — en faveur du dessin naturellement, — dans les Sentiments sur le discoms du mérite de la couleur pai' M. Blanchar.
Quelque autoritaire et péremptoire qu'il soit, l'arrêt du Premier Peintre ne clôt pas la polémique, qui devient seulement moins violente. Blanchard exalte encore le coloris à l'Académie en 1672;