Voy. Nouv. Arch. de V Art franc., 1887, p
8o LES DYNASTIES DARTISTES
est la belle-mère de son propre frère. Le patient travail de Jal a heureusement débrouillé les écheveaux qui semblaient inextricables. Quelques détails seuls sont encore incertains : ainsi les Cochin du xviii' siècle étaient certainement parents des graveurs Nicolas (lOio-ioSd) et Noël Cochin (ib^y-iOg^) de Troyes — Charles- Nicolas Cochin Taffirmait, mais il ignorait déjà à quel degré et par quelle filiation '.
Si les dynasties de peintres sont nombreuses, c'est que l'atelier, entreprise de peinture, de restauration et de copie à la fois, passe encore normalement du père au fils. Quoique la maîtrise soit définitivement ^•aincue, les traditions qu'elle a jadis imposées sont encore suivies. L'Académie, d'ailleurs, encourage elle-même les fils d'artistes à suivre la carrière paternelle : dès l'école elle accorde des privilèges aux enfants de ses membres : ces jeunes gens choisissent leur place à l'atelier avant les autres étudiant^"; agréés, ils prennent séance sans attendre, comme les étrangers, l'achèvement du morceau de réception; ils sont enfin exonérés du présent pécuniaire'\
Seuls quelques artistes célèbres, bien en cour, ambitieux, rêvent pour leurs héritiers un établissement stable, une place dans l'administration, un poste près du roi pour leurs fils, un mariage bourgeois, noble même pour leur fille : Mignard refuse à Michel Corneille la main de la belle Catherine, pour la donner au comte de Feuquières'. Walpole affirme que le fils de Largillière fut conseiller au Châtelet et commissaire à Neuf-Brisach ^ Antoine Coypel achète une charge de valet de chambre du roi à son second fils Philippe, et s'il faut voir dans les vers qui commencent VEpistrc à mon /ils sur Li J^eiiiUirc autre chose qu'une fiction poétique.
1. Papillon de la Ferté lui ayant demandé des renseignements sur cette parenté, il répondit : « Je suis bien peu instruit sur ce qui regarde Noël Cochin... Tout ce que je sais, c'est qu'il était parent de mon grand-père, je ne sais à quel degré. On trouvera des éclaircissements chez M. Mariette, à qui mon frère a dit tout ce qu'il en savait ». Mariette n'a laissé aucune note à ce sujet.
2. Séance du 3o mars if^gy : Ordre pour prendre place dans l'Ecole {Proc.-verb., t. III, p. 209).
3. Voy. par exemple, le 28 mars et le 3 octobre iGqq, pour Jean Tortebat (Proc.-verb., t. III, p. 255 et 280). Le 4 avril ihgg. l'Académie décide de donner aux gendres des académiciens les mêmes privilèges qu'à leurs fils {Ibid, p. 256).