‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 71 sur 273 · Proc.-verb.. t. 1\', p. io · texte numérisé non relu

Proc.-verb.. t. 1\', p. io

08 LES CONl-ÉRKNCES : DK l'ILES ET ANTOINE COVPEI.

csttoujours consacré. Elles ne disparaissentqu'accidentellement à la retraite de Guillet de Saint-Georges en 1704, à la mort de Roger de Piles et du secrétaire Guérin en 1709 et 1715. Cependant leur beau temps est passé; la vie que leur avaient prêtée Colbert et Le Brun ne les anime plus. Faute de mieux, on relit souvent les \'ieux discours de Philippe et J.-B. de Champaigne, de Le Brun, de Nocret, de Blanchard, et le 25 septembre 1700, il faut admettre officiellement que « lorsqu'il n'y aura pas de nouvelles Conférences à lire dans les jours qui sont destinés à cet effect, l'on reprendra les anciennes' ». L'interminable série de Guillet de Saint-Georges sur la vie, les ouvrages, les morceaux de réception des académiciens occupe heureusement plusieurs années. Deux hommes seuls donnent encore quelque vie et quelque intérêt à ces exercices surannés : Roger de Piles et Antoine Coypel. L'un prononce de lôgqà 170g des discours sur le clair-obscur, l'invention de la peinture comparée à celle de la poésie, la disposition des draperies, le vrai en peinture, l'importance du dessin, la méthode pédagogique ; l'autre lit en 1713- 1714 les commentaires de son Epîtrc à mon fils sur la peinture, publiée en l'joq'-. De Piles prétend former « un corps de théorie pour les arts de la peinture et de la sculpture^ » : c'était déjà l'ambition de Le Brun; elle était irréalisable. Au moins les dissertations de Piles sont-elles riches en obser^•ations ingénieuses, en remarques utiles, en critiques exactes. Les contemporains déjà les admiraient vivement. A l'Académie on les relisait deux ou trois fois et on les attendait avec une impatience que les autres conférences ne provoquaient plus depuis longtemps. Quant aux discours de Coypel, ils sont supérieurs aux meilleurs tableaux du peintre'. Si Coypel y traite trop sévèrement, à notre gré, Albert Durer et quelques artistes de la Renaissance allemande, ses jugements sur les grands Italiens et sur les grands Flamands peuvent être encore admis sans réserves. Jamais on n'avait vu critique plus pénétrante parée d'une forme plus

Page 1