‹ La peinture vénitienneChapitre 13 sur 55 · I.A l'riKMIKIlK l'.KNArSSANf.E · texte numérisé non relu

I.A l'riKMIKIlK l'.KNArSSANf.E

vraisemblance, le compagnon de Bartolomeo et «l'Alvise Vivarini à l'école du Squarcione; entraîné avec eux dans l'orbite de ^lantegna, il fit dans ce milieu son éducation artistique ; il quitta sa patrie, vécut longtemps dans la Marche d'Ancône et y mourut, après avoir fait un grand nombre d'œuvres. Les plus belles font l'ornement des musées de Londres, de Berlin et de Milan ; les autres sont restées dans la province d'Ascoli Piceno.

Marco Basaiti gramlit et se forma dans le même milieu artistique. On ne saurait dire avec certitude s'il naquit à Venise, dans le Frioul ou à C.apo d'Istria; mais il vécut à Venise de 1400 à -1501. La table d'autel de la chapelle des Milanesi à l'église <les Frari, laissée inachevée par la mort d'Alvise Vivarini, fut achevée en 1503 par Basaiti. L'influence de Giambellino s'exerça également sur cet artiste, et on la retrouve dans ses couvres les plus estimées: La Vierge adorée par les Saints, aux Uffizi à Florence, Jésus dans le jardin des oliviers et Le Christ et les fils de Zébédée, à l'Académie de Venise. Une vieille tradition attribue à cet artiste la Vierge dans sa gloire de l'église San Pietro à Murano; mais il y a de bonnes raisons de penser que ce tableau fut 1' œuvre de quelqu'un de ses élèves ou imitateurs. Basaiti appliqua son talent à de nombreuses peintures destinées à orner des intérieurs de simples particuliers, et répéta souvent le même sujet, Saint- Jérôme dans le désert

On reconnaît également rinlluence de Vivarini, mais tempérée par celle de GiambelUno, dans les œuvres de Giambattista Ci ma, plus connu sous le nom de C-ima da (lonegliano, originaire de cette charmante ville de la Marche de Tr(''vise, où le peintre naquit en 1460 et où il mourut âgé de cinquante sept ans environ. Toutefois, à regarder attentivement les premières œuvres de jeunesse de ce peintre, on trouve de bonnes raisons de penser qu'il fut initié à l'art par Bartolomeo Montagna, artiste dont nous aurons bientôt l'occasion de parler. C'est en ItaUe, dans les églises et dans les musées de Vicence, Parme, Venise, Conegliano, Bologne, Milan et Modéne qu'il faut chercher les meilleures œuvres de Cima. L'œuvre la plus ancienne que l'on connaisse de lui est à

LA PEIMIRE 'V'ÉNITIEXNE

Vicence ; elle représente la Vierge sous une treille, avec la signature : Joanes baptista de Coneglano, fecit 1489 adi p° mazo. Si

Venise. Académie Royale - Les fils de Zkbédkk - .Marco liasaiti.

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cette toile est caractéristique de la jeunesse du peintre, l'admirable tableau du musée de Parme, La Vierge rt l' Enfant entre Saint-Michel et Saint-André, attribué par certains critiques à r.éonard de Vinci, doit avoir été peint dans la pleine maturité de son talent.

On a de lui deux tableaux d'autel qui offrent de grandes analogies de dessin et de coloris, la Vierge sur mn trône, de la cathédrale de Conegliano et le Baptême du Clwist, de l'église San Giovanni à l>ragora à Venise. J,e premier est de 1493; le second, de l'année suivante; ils furent peints l'un et l'autre dans les premiers temps du séjour de Cima à Venise. Le tableau du (larmine de Venise, la Xaissance du Sauveur, achevé en 1504, a été maladroitement gâté par les restaurations ; mais on peut y admirer encore l'aspect riant du paysage, sur lequel on croit sentir flotter l'atmosphère pure des collines de (lonegliano, arrosées de nombreux ruisseaux, couronnées de châteaux, coupées de prés verdoyants au milieu desquels paissent des troupeaux. L'Académie de Venise possède une Pietà, une Vierge sur son trùne entourée de Saints, VAngc et Tobie, une des œuvres les plus séduisantes de l'auteur, la célèbre Incrédulité de Saint-lliomas et la Vierge sur son trône entre Saint-Denys et Saint-Victor, dette dernière toile, couverte de mauvais enduits, se trouvait dans la petite église de Zermen, près de Feltre ; elle a été récemment acquise par un fin connaisseur, le professeur Giulio (".antalamessa, qui est directeur du musée do l'Académie. La monotonie qui est quelquefois le défaut des peintures de Cima, est largement rachetée par le caractère de majesté tranquille de ses vieillards, beaux et nobles personnages de saints et d'évéques à la barbe blanche tlottnnte.

Parmi les autres peintres sortis de l'atelier de Vivarini, il faut citer Jacopo da Valeiitia, plus connu sous le nom de Délia Valentina, né .probablement à Serravalle dans la ^larche de Trévise. Un tableau du Museo Civico de Venise, portant le nom de Jacopo et la date 1488, et le tableau d' autel représentant la Vierge et des saints à l'Académie sont également de lui. 11 faut ajouter au nom de Délia Valentina Andréa da Mnratio. auteur

du tableau d'autel achevé en 1507 pour l'é^iise de Trebaseledie prés de Noale, et Girolamo Moceto, l'auteur piobable de la grande

Veriise. ÉgliM' .|i| ( ;,

La Xaissami: de Jésus - Ginia da Conegliano.

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fenêtre illustrre de scènes pointes de l'église San Giovanni e Paolo. Moceto s'échaiilîa plus tard aux feux de l'art de Giovanni Bellini, comme le prouvent ses peintures de Vérone.

Il faut au contraire classer parmi les disciples du Squarciorie, l'ernardo l'ai-enlino, doiil on connaît surtout VAimrmciafion, du musée de Venise, le Christ et Sarni-Jérôme, du musée de Mn-

V'piiiso. Ai,-;idomic [{oyalf - La Crkchk - Im/.z-m» H.i^li.iiu.

dène, deux tableaux du }»alals Doria, à Gênes ; et Jacopo da Moutagnana, auteur de remarquables fresques dans le palais épiscopal de Padoue.

George Vasari se trompe sur la question de fait et coniiiiet une faute de critique quand il donne Vettor Carpaccio pour chef à cette école vénéto-lombarde à laquelle se rattachent entre autres, d'après l'historiographe d'Arezzo, Altichiero, Avanzi, Del Flore, Guariento, Campagnola, Foppa, Bastiani, Gatena, les Vi-

varini, ( ama, Cbrdella, Ilasaiti, Mansueti, Montagna, Diana, Buonconsigli. Vasari ajoute que Vettore, le premier qui fit des œuvres de valeur, enseigna son art à ses deux frères, qui furent ses fidèles imitateurs: le premier était Lazzaro, l'autre Sebastiano. En réalité, ni Lazzaro, ni Sebastiano Carpaccio n'ont jamais existé; il y eut bien, vers 1449, un Lacaro Basiian depentor, comme il signait lui même; mais pour plus d'une raison d'ordre artistique

Venise. Aciilémie Royale — Les reliques de la Sainte Croix — Lazzaro Bastiani

et chronologique, il est à présumer que Bastiani fut plutôt le maître de C-arpaccio que son élève; car, en 1460, Lazzaro peignait un tableau d'autel pour l'église de San Samuele; et en 1469, la Scuola di San Marco lui donnait mandat de peindre une Vie de David. Or, le premier tableau attribué à ( larpaccio porte la date de 1490, et dans un acte public de 1508, Lazzaro Bastiani est mentionné avant Ser Vettor Scarpaza, certainement en raison de son âge. H y a assurément de nombreuses analogies de style entre ces deux artistes; c'est au point que telle toile attribuée

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