‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 130 sur 391 · GERARD DO U · texte numérisé non relu

GERARD DO U

ruent entendue. Tout Leydois est un peu chercheur de « petite bête». Cet infini, que Rembrandt poursuivait dans le sentiment, l’élève n’eut que le

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Jean Steen. — La malade d'amour. (Musée d'Amsterdam.)

tort de le transporter dans l’exécution matérielle et, par définition, dans ce qu’il y a de plus « fini ». Mais c'est apparemment la forme sous laquelle la notion de l’art est le plus accessible à la moyenne des esprits.

l’école de leyde

Et puis, dans la peinture de « genre », telle qu’elle existait depuis Bosch, et que Brauwer venait de rajeunir avec génie, Gérard Dou faisait entrer la politesse, l’honnêteté. Aux traditions du genre, la farce et la grimace, il y substitua des habitudes plus décentes. La peinture de mœurs est souvent celle des pires ; Dou est le premier qui ait eu le souci des autres. Il est beaucoup plus pur que Dirck Hais ou Terborch. La Jeune mère de La Haye 1658), la Femme hydropique du Louvre (1663), la Jeune fille au clavecin Dulwich) doivent le meilleur de leur charme à la suavité de leurs peintures bourgeoises.

On comprend maintenant l’importance de Gérard. Il fut le disciple et le camarade de Rembrandt à l’heure où Rembrandt fermentait de tout son idéal. Que de fois il a peint ! admirable vis d’escalier qui roule derrière les Philosophes sa spirale mystérieuse ! Cet art de circonscrire, de concentrer le sujet, d’organiser le tableau dans l’ombre autour d’un axe rayonnant, Dou le perfectionna pour la peinture de « genre ». Ses innombrables Effets de nuit étoilés d’une chandelle, comme la belle Ecole du soir (Amsterdam), sont devenus classiques. L’opinion ne s’est pas trompée en lui accordant une place considérable. Il est représentatif. Quand on veut faire le portrait du peintre de « genre » idéal, on fait involontairement celui de Gérard Dou.

La deuxième géné dation. Gabkiel Metsu, Jan Steen. — Et, tandis que Terborch n’a formé qu’un élève, Pieter van Anraadt, on en compte une troupe entière issue île Dou : Dominique van Toi, Abraham de Pape, le délicieux bonhomme Quirin Brekelenkam. et enfin Gabriel Metsu (1630-1667).

Metsu est un des peintres exquis de son pays, un cœur charmant, prompt à se donner avec la fougue d’un jeune homme (il est mort d’une opération manquée, à trente-sept ans), et d’ailleurs, quoi qu’il fasse, parfaitement bien élevé.

L’événement de sa courte vie, ce fut, à vingt ans, d’entrer, à Amsterdam, dans le cercle de Rembrandt, le Rembrandt supérieur de 1650. Pour quelques mois, Metsu fut en danger; heureusement il revint à lui. Son œuvre, quoique peu étendue, a plus de variété que celle de Terborch. Elle part d’un génie plus spontané et plus aimant. Cette nuance sentimentale est le propre de cette jolie âme. De là ces pages ravissantes, Je Chasseur (Amsterdam), l’Enfant malade (La Haye, Steengracht) ou la Visite à l’ Accouchée (Paris, ancienne C011 Kami, 1661), la plus importante

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