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LA DÉCORATION DE VERSAILLES

Le programme de Le Brun. — Nous n’aimons pas Le Brun. Son despotisme nous effarouche. Son art nous semble vide, parce qu'il manque d’intimité.

En effet, il est des plus faibles chaque fois qu'il tente d'exprimer des choses qui relèvent de la vie intérieure. Il échoue misérablement dans la peinture religieuse. Son art est étrangement dénué de sensibilité. Le charme même de la peinture, le sens de l’harmonie, l'enveloppe, la Heur, l’épiderme, manquent totalement. Ses oeuvres ont beau avoir pâti du temps et des restaurations, on voit trop qu elles n ont jamais été délicieuses. Il y a chez Le Brun une indélicatesse foncière (visuelle et morale) qui choque chez ce peintre de la gloire.

Et pourtant, c’est un grand artiste. Dans la mesure où l’art peut se passer d’émotion et n’est que l’expression d’une rhétorique superbe, il n’y a pas de tempérament plus fort et de plus magnifique virtuose que Le Brun.

Il avait, comme David, un rude sentiment de la vie, et le puissant portrait de la tribu Jabacli (Berlin, 1660) ou le redoutable profil de Louis XI Y, au Louvre, ou le croquis frappant de la Brinvilliers sur la charrette, sont des choses saisissantes d’énergie et de crudité. Mais les idées de son temps (il les partageait tout le premier), lui imposaient un

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