I, EVOLUTION DU TABLEAU DE CORI’S
tant, qu’il y eut une Hollande, et* genre tout hollandais ne cessa d'exercer les peintres. En prenant pour dates centrales les œuvres de Rembrandt, on a, par la seule histoire du sujet, un aperçu de l’école entière.
Les premiers tableaux de doelen qui nous soient parvenus sont de 1529 et 153-1 (Amsterdam). On y voit une trentaine de bustes alignés sur deux rangs, avec un aspect de guignol ou de portraits sans cadres. Cette phase enfantine est celle de Dirck Jacobsz, et de Cornelis Teunissen.
Dans une seconde période, on voit les peintres créer un embryon de tableau par la recherche du motif. Cesl ce qui arrive chez Dirck Barents/. Son tableau de 1562 (Amsterdam) est une date. Les personnages sont saisis dans une action réelle, à dîner, autour d’une table qui leur sert de base et de lien. C’était un grand pas vers la vie. Peu à peu. les doelen deviennent opulents. On voit apparaître les pourpoints de couleur, les chausses à crevés, les panaches, les écharpes. L’œuvre-tvpe de cette époque est celle de Cornelis Ketel, de Gouda, dont le tableau de 1 5 8 S (Amsterdam), avec son décousu et son bariolage, est déjà un morceau singulièrement imposant.
Dès lors, l'ère des tâtonnements est tout près d’être close, et les acquisitions nouvelles se multiplient En 1588, Dirck Barents/, donne le premier tableau de corporation marchande (Amsterdam). En 1603. Aerf Pietersz. ouvre la série des Anatomies. En 1617, Michel Mierevelt, de Delft (1567-1641), un talent officiel, mince, fertile, ressemblant, un peu froid, y ajoute sa Leçon du Dv van der Meer (Delft . Enfin, l’année suivante, Cornelis van der Yoort (1575-1624) inaugure le cycle des regenten stnkken par un morceau de maître, le portrait des Régents de l'hospice des vieillards (Amsterdam, 1618).
Restait à perfectionner, à relever le genre par un goût plus artiste, par la puissance du style ou d’un sentiment fort. C’est à quoi Ravesteyn (1572- 1657) s’emploie vigoureusement. Le prix de ce vieux maître, son éloquence de chroniqueur inculte et patriote, ne se révèlent qu’à La Haye, dans la salle municipale où régnent ses grandes œuvres. C'était un génie incorret, bourru et puissant. Son tableau de 1618, étouffé, assourdi, un tableau d’intérieur, esl une œuvre remarquable: elle fourmille de traits admirables.
Deux ans plus tôt, Frans Hais paraissait à Haarlem.
FransHals (1580-1666). — Avec son aplomb, son sans-gêne, la manière brusque et goguenarde dont il s'installe dans l’histoire, personne n'est moins connu que ce maître fameux. L’artiste a une désinvolture, des