‹ La Penelope a la mode de Caen parodie en cinq entr'actes d'une piece en cinq actes (volume 2)Chapitre 11 sur 124 · MIMI, SAPAJOU · texte numérisé non relu

MIMI, SAPAJOU

SAPAJOU, entrant par la droite.

Des bonnets ! d’ bons bas !

MIMI

Qui est là?

Ne vous dérangez pas...

Vous?

SAPAJOU

C’est moi.

MIMI

SAPAJOU

Sapajou, marchand de bounels de colon... et de morale!.., A votre service, sacrebleu !

MIMI

Merci! je n’ai besoin de rien.

SAPAJOU

Savoir!.. Je suis l’intime de Nérée Dusorbet.

MIMI , cherchant.

Où diable ai-je mis mon coton?

SAPAJOU j h part.

Elle veut me faire perdre le fil... (Haut.) Cet imbécile s’est toqué de vous.

MIMI, cherchant toujours.

Je l’avais serré dans un tiroir.

Dusorbet ?

SAPAJOU

TABLEAU III

MIMI

Mon coton.

SAPAJOU

Pardon!., vous êtes en alfaires... je repasserai. (Fausse sortie.) MIMI, le rappelant.

Jocko ?

SAPAJOU, revenant.

Sapajou !

MIMI

C’est toujours un nom de singe... Asseyez-vous donc.

SAPAJOU, prenant une chaise.

Trop honnête ! (n s’assied.) Je vais vous narrer mes amours.

MIMI

Allez-y!

SAPAJOU

J’ai été pincé deux fois dans ma vie.

Deux fois! ça n’est guère.

SAPAJOU

Le numéro un était une piqueuse de bottines, nommée Fitine Greluchette... une bonne tille... rouge comme une carotte... Je n’ai pas eu besoin de l’assassiner.

MIMI

Elle vous résista?

SAPAJOU

Faiblement... Je passe, et j’arrive au numéro deux.

MIMI

Voyons ça ?

SAPAJOU

Celle-là, je l’idolais... j’en devenais idiot... Elle m’aurait dit d’aller voir le Marchand de coco huit fois de suite, j’aurais essayé. Un jour que je la pressais de me donner la clef de son cœur, elle m’arrêta par un regard qui signifiait : Il y a du monde !.. Je sentis que j’étais de trop, et je cessai d’aller chez elle... Mais, loin de lui en vouloir de cet avertissement sans frais, je lui vouai mon estime à perpétuité!

Air : Je suis soldat, j’en jure sur l'honneur.

A son souv’nir, ma paupière s’humecte;

Sans le servir, j’honore ce drapeau.

Comtn’ mon grand-père, enfin, je la respecte.

Et quand j’ la vois, je retir’ mon chapeau.

Mon cha, mon peau.

Je r'tir’ mon chapeau!

MIMI, à part.

Je comprends l’apologe.

SAPAJOU

Sur ce, j’ai bien l’honneur de vous très-humbler. (il sort en criant.) Des bonnets! d’ bons bas!

MIMI

A propos!.. (Le rappelant.) Ouistiti?

SAPAJOU, menant.

Sapajou !

MIMI

Avez- vous des bas de coton bleu?..

SAPAJOU

Pour hommes, femmes et moutards...

MIMI

Un grand pied... c’est pour mon mari.

SAPAJOU, lui en donnant.

Voilà... vingt-neuf sous, garantis deux ans...

MIMI; les prenant et les mettant dans sa poche.

Vous mettrez ça sur mon ardoise.

SAPAJOU, à part.

Sapristi ! . je suis volé !.. (il sort par la droite.)

MIMI, seule.

Comme ça, je pourrai flâner à mon aise... quand mon mari reviendra, je lui donnerai ces bas-là, en lui disant que je les ai tricotés... et il n’y verra que... du bleu!..

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