SCÈNE If
CAKPEVILUE, SAPAJOU \
SAPAJOU
Je pense, capitaine, que nous allons nous entendre! * S. C.
CARPEV1LLE.
Oui, Monsieur.
SAPAJOU
Voire ami Larfouillat est vif.
CARPEVILLE.
Très-vif... oui, Monsieur... Mais il a été insulté... On l’a appelé berger !
SAPAJOU
Je ne sais pas ce que veut dire ce mot : Berger!
CARPEVILLE.
Moi non plus... mais il veut du sang... ou des excuses... Votre ami écrira au ntien line lettre ainsi conçue : « Je déclare m’èlre conduit comme un polisson ! »
SAPAJOU
Jamais !
CARPEVILLE, coutiuuaut.
<( Je reconnais être une canaille... avoir volé le tronc des Coiffeurs réunis... »
SAPAJOU
Assez!... Les armes !
CARPEVILLE.
Pardon, Monsieur... vous le voulez?.. La colonne Vendôme et l’Arc de triomphe.
SAPAJOU
Comment ?
CARPEVILLE.
Votre ami va se rendre immédiatement place Vendôme, et montera sur la colonne.
SAPAJOU
Bien !... Ensuite ?.. (Larfouillat paraît à droite.)
CARPEVILLE.
Larfouillat ira à la barrière de l’Étoile et grimpera sur l’Arc de triomphe.
LARFOUILLAT, à part, revenant.
Hein ?
CARPEVILLE.
Et à huit heures sonnant, ils se jetteront en Las tons les deux... Celui qui en réchappera sera le vainqueur.
SAPAJOU
Soit!... Comme insulté, votre ami aie choix des monuments.
(il sort. )
LARFOUILLAT, s’avançant *.
Ah cà! dis donc, toi! mais je ne sais pas me battre comme ça !..."
CARPE VILE, bas.
Silence donc !... Je vas te donner une leçon.
TABLEAU IV
LARFOUILLAT.
Une leçon ?
CARPEVILLE.
Une fois sur l’Arc de triomphe, tu guignes le factionnaire...
LARFOCILLAT.
Oui... je le guigne... Après? (il se baisse. Carpcville Ta pour lui douuer un coup de poing.) Hein ?... quoi donc?.,.
CARPEVILLE.
Rien !... Tu te jettes... Arrivé aux cariatides, tu fais deux petites culbutes sur toi-même... comme ça... prrrout!... en obliquant un peu à gauche, pour ne pas tomber sur la baïonnette... (Carpeville va pour lui donner un coup de pied.)
LARFOUILLAT.
Ah çà! qu’est-ce qui te prend?...
CARPEVILLE.
Rien... (ils vont boire tous deux, l’un prend une cruche, l'autre un seau.)
LARFOUILLAT, avec joie, se frottant les mains.
Compris! Ensuite?
CARPEVILLE.
Et tu arrives en plein sur l’épaulette gauche, qui amortit le coup... Tu es sauvé!
LARFOUILLAT.
Oui .. mais, dis donc, le factionnaire... qu’est-ce qu’il dit de ça?
CARPEVILLE.
Ce factionnaire?... il n’a le droit de rien dire pendant sa faction... S’il parle, il fait huit jours de salle de police. Prends gai de à la baïonnette... Et maintenant, viens! (ils sortcui.)
Quatrième eutr’acte.
CE MONSIEUR, sortant du trou du souffleur, un volume à la main.
Mi ssieurs, je vous avoue que je suis très-embarrassé... J’ai beau leuilleter le roman... la Vraie Pénélope normande... col- Jcrli ni Michel Lévy, rue Vivienne, 2 bis, je ne trouve absolument rien qui éclaire la situation... Ce mari veut se venger de son ami qui l’a trahi... bon !.. alors que fait-il? 11 fuit battre son ami avec le jeune homme qui n’est pus son ami et qui ne l'a pas trahi... bien !.. mais l’ami du mari qui l’a trahi, après s’ètre battu... toujours dans la coulisse... (et on dit, place de la Bourse, que la coulisse est supprimée!...) après s’être battu avec celui qui n’est pas l’ami du mari, revient près du inari... et le mari, qui a préservé les jours de sou ami, veut luer son aini qui Ta trahi... après que l'autre, qui n’est pas son ami a été occis par son ami qui se croyait trahi, comme lui-même, il avait trahi son ami... Quel amphigouri!... Cina-