‹ La Penelope a la mode de Caen parodie en cinq entr'actes d'une piece en cinq actesChapitre 12 sur 36 · TABLEAU II · texte numérisé non relu

TABLEAU II

NKRÉE.

Moi?... Je suis sans place... Hier, j’étais coiffeur... aujourd’hui je me promène... je rase les boutiques et je frise le pavé !...

SAPAJOU

Tu es donc rentier ?

NÉRÉE, poétiquement.

Nüu, je suis amoureux !

SAPAJOU

Alors, lu es comme moi... dans la camelolte !...

NÉRÉE

Oh ! ne dis pas d’ mal de celle que j’aime... c’est un ange !

1 SAPAJOU

Enfant I... Est-elle libre?

NÉRÉE

Dans ses allures, oui... dans son état civil, non!... Je la soupçonne mariée.

SAPAJOU

A-t-elle un amant ?

NÉRÉE

Je n’ose le croire.

SAPAJOU

Ah! mon ami!... prends garde.. . tu es jeune, tu commences à peine la vie, et tu vas te jeter à plein collier dans le torrent des désillusions !

NÉRÉE

Comment ça ?

SAPAJOU

Vois-tu, mon cher Diisorbet, les femmes devraient être comme les maisons.

NÉRÉE

Comprends pas. ..

SAPAJOU

Suis bien mon raisonnement... Ce que je vais te dire là est .'ssez inconvenant, mais j’ai l’aiilorilé de mes auteurs... car I ■ ne marche jamais sans mes auteurs... Tu me suis?

NÉRÉE

Je t’emboîte !

SAPAJOU

Les maisons, dans Paris, lorsqu’elles ont des appartements .à louer, portent des écriteaux pour indiquer aux passants ■ i a’ils trouveront peut-être là des logemenls à leur convenance. Quand il n’y a pas d’appartements à louer, il n’y a pas c'écriteaux... Bon !... Eh bien! pourquoi les femmes, quand ! ur cœur est vacant, n’auraient-elles pas un signe quelconque qui semblerait dire au voyageur : « Monsieur ? — Madame ?

— Vous pouvez me jiarler. Monsieur. — Vraiment, >!adame ?

— Vous pouvez me faire la cour. — Sapristi !... est-ce posible ? — Oui, Monsieur; mon cœur est libre. » Ou bien si le

LA rÉNÉLOPE A LA MODE DE CAEN.

cœur est occupé ; « Passez votre chemin, Monsieur. — Mais, Mailame... — A Chaillot!... Vous êtes un gêneur !... Fichezmoi le camp !... Rangez votre voiture!... Place aux femmes honnêtes qui vont à pied ! »

Air : Ces braves hussards du 6*.

Parce moyen, très-bon en somme.

Employé pour les logements.

On n' verrait plus un galant homme

S'exposer à perdre son temps

Pour des cœurs qui n' sont pas vacants.

On pourrait régler sa conduite.

Et l'écriteau dirait enfin Si l’on doit, ou louer de suite.

Ou r’ passer au terme prochain.

NÊRÉE.

Mais lu supposes donc que Mimi?... car elle s’appelle Mimi...

SAPAJOU

Mon cher Dusorbet, les femmes, c’est comme lespnmeaux: qu’elles nous fassent aller, très-bien ! parfait !... mais n’avalons pas les noyaux... c’est de l’excitation à la débauche... Encore un apophlhegme d’un de mes auteurs... car je cite toujours mes auteurs... Maintenant que je t’ai donné des conseils que tu ne me demandais pas, et ([ue tu t'empresseras de ne pas suivre... permets-moi de retourner à ma camelotte... Des bas, des bonnets! d’ bons bas!...

MiRÉE.

Adieu !

I SAPAJOU

Non... au revoir... Je flinedansle pays... Je les démoralise eu leur vendant des bonnets! d’ bons bas! (il sort par le fond.)

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