TABLEAU V
CARPEVILLE.
Mais, quoi?
Rien, mon bébé!
CARPEVILLE, s’agenouillant près du coffre qu’il ouvre.
Voici d’abord un diadème... (il tire un bonnet de wuvage garni de plumes.)
MIMI
Oh ! c’est d’un goût ! . .
CARPEVILLE.
Meltez-lc... (il le lui pose sur la tête.) Puis... uii manchuii... (il lire un bonnet à poil.)
MIMI
ç.? c’est un bonnet à poil !..
CARPEVILLE.
N’es-tu pas un grenadier pour la vertu?.. Tu vas voir, (a
coupe avec des ciseaux l'extrémité du bonnet, et le donne A Mimi.) Manchou imper mouillable!.. Maintenant le manteau I (a tire un manteau rapiécé et le pose sur les épaules du Mimi.) Regai'de-tüi donc dans Cette glace... Ah! vous êtes belle, Mimi! plus belle que la femme sauvage qui le portait. (l'ue demie sonne.)
MI.MI, le regard fixe.
Ah ! l’heure est passée ! Theure est passée ! (EUe s’assied.) CARPEVILLE, à part.
Et maintenant, faisons-la jaser... La Vilaine ne m’adonné que de faibles détails, et, d’ailleurs, il n’est pas convenable que je m’en rapporte aux potins de ma domestique.
MIMI
Vous dites?
Tenez... je vous ai rapporté un diamant de la plus bulle
•au...
MIMI
Ça ? c’est un bouchon de carafe !
CARPEVILLE.
Regardez... comme il brille...
MIMI
Ça me fait loucher. .
CARPEVILLE.
C’e.st ce qu’il faut. (ll lui place le bouchon de carafe sur le front. ' — A part.) C’e.st une nouvelle science qu’on vient d’inventer... ça s’appelle l’hypnotisme... un joli mot !
MIMI
C’est singulier...
CARPEVILLE.
Ça opère... (Musique.)
MIMI, s'endormant.
Je ne sais... ce que... j’éprouve... Ce bouchon de carafe!.. Assez !.. assez !.. Ah ! grâce !.. atchi !
CARPEVILLE.
Elle éternue!., die dort!.. Minii!.. qu’as-lu fait pendant ^on absence V
MUIl, s’agitant.
J’ai fait la noce...
eARPEVnXK.
Conimeut ?
MI.MI, parlant malgré elle.
J’ai dansé... atcc Larfuiiillat... j’ai promis de polker avec Diisorbet... la Polka des baisers...
CA^PE^ILI.E, jotfuit le bouchon de la carafe-
Malheiiretise ! tu ne polkeras plus !
■MIMI, réveillco.
Oïl’ai-je fait ? qu’ai-je dit ?
OARI’KVIU.K.
Tout !
MIMI, avec un cri.
CAllPEYILLE.
Tu attends l.arl'oiiillat... il ne viendra pas... il est occis! MIMI, avec épouvante.
Oli ! que non !
CAKPEVILLE^ avec un bûurirc de
Oli ! que si !.. Tu attends Dusorbet... Dusorbet ne vieillira Jias... En se jetant du haut de la colonne, il s’est brisé la sienne... de vertébrale...
MIMI
Ah ! je cours !..
CAKPEVll.LE, la rei>oussant.
Vous ne soitirez pas !.. Ah ! pendant que je ramais comme un canotier du diiiiancliej vous ouvriez ma jiorte aux gan-41 dins, vous jtolkiez sur mon lionneur, et vous avez cru que tout ça me hotterait ! Mais vous êtes folle, vous êtes folle !
MIMI
.Miséricorde!
CAUl’EVIl.lE, les bras croisés.
Vous êtes folle !..
MIMI
Monsieur... oui, ma conduite a été décolletée... oui, j’ai penélopé d une façon fantaisiste ; mais laissez-moi passer. Que voulez-vous, je le gobe, cet homme !
CAUPEVII.LE.
Maliieureuse !
MIMI, tonibai.t à genoux.
Tuez-niüi! je le gobe!
CAnpEVll.LE.
Eh bien, tjuand la Vilaine rentrera, le Dusorbet u’aura plus besoin de frictions, (u vilaine cuire.)
TABr.EAU V.
MIMI
Ciel ! (Sanglotant.) Ah 1 Dusorbel!.. mon Dtisorbet !..
CARPF.Vtl.LE, lui rendant le lionnet a poil.
Voilà pour essuyer vos larmes !..
MIMI, sanglotant toujours.
Le bonnet à poil ! Oh ! mon châtiment commence I
CARPEVILLE, avec exaltation.
Canal de la Villettc, je reviens à toi !.. Canal de la VilleUe, berce-moi ! (Tombant à genoux.) Reprends ton lils, comme tu reprends le canard ingrat qui revient barboter sur Taziir de tes flots... Me voilà, mes amis, me voilà!.. Mimi, je te pardonne! je te pardonne !
MIMI, d'une voix naturelle.
Qu’ t’es bête ! Alors, ne t’en va pas...
CARPEVII.LE.
Tiens! au fait, c’est inutile, puisque je le pardonne,
MIMI
Puisque tu me pardonnes!., (a part.) Quelle oie que cet homme ! (sapajou, Néréc et Larfouillat entrent en se tenant par le bras Irès-g liement.)