‹ La Penelope normande piece en cinq actes et en proseChapitre 2 sur 92 · JEAN VA LA I N · texte numérisé non relu

JEAN VA LA I N

Le navire est en rade attendant ses parrain et marraine — Tenez, la mère, on le voit d’où vous êtes.

LA VALAINE, regardant nonchalamment.

Oh ! je le vois ben.

JEAN, regardant toujours le navire.

Mais regardez-Ie donc danser sur la vague.

DENISE, entrant. Elle a un paquet de linge «nr le rira et rhante.

Dans le village d’à côté Y a trois filles à marier.

La première est noire,

La deuxième est blonde. ■

(parié ) Bonjour, mère Valaine.

i LA PÉNÉLOPE NORMANDE.

La troisième est rouge.

Dans le village d'a côté

Qui qui va s’marier 1’ premier.

Hé! dis donc toi, Jean, débarrasse-moi de mon linge. ( Jean prend

le linge et le jette dans un cabinet.)

LA VAL AINE

On boira après le baptême du navire, lu vas essuyer les verres.

DENISE

Oh! mam’ A’alain, laissez-moi souffler un brin. J’arrive du lavoir où je vous réponds que mon battoir n'a pas fait le paresseux. Ah! en passant par le chemin de la ferme, j’ai rencpntré le facteur... et v’ià ce qu’il m’a remis pour le capitaine d’Apreville. (eu« montre

an journal.)

La val ai ne.

Ah! c’est pour Madame... Donne voir... la gazette rose.

J E A N , qui a repris son filet»

Qu’est-ce que c’est que ça ?

la val aine.

Je ne sais. — Je crois que c’est un journal qui nous apprend comment s’habillent les belles dames de Paris.

DENISE. - -

Ah! c’est que notre Madame aime à être brave. Jarni! Les belles robes! Doit-elle en dépenser de c’t argent!

LA VA LAINE

Le maître doit savoir ce que ça lui a coûté... Depuis ce malheureux dimanche où il a rencontré à l’église mam’zelle Noémi Vati— nel. — Les autres dimanches d’après, il arrivait toujours le premier à la messe, et ça n’était pas pour le bon Dieu tout seul ; à la sortie, il lui offrait de l’eau bénite. Un soir, il me dit au souper : « Valainc, je m’ennuie... Est-ce que tu ne trouves pas qu’il manque quelque chose dans la maison? — Non... je ne trouve point... Il y a du cidre dans le cellier, du bois sous le hangar, de l’avoine pour le cheval. » — A part moi, je voyais ben où il voulait en venir... Ça n’a pas manqué. — Un beau matin, les cloches ont carillonné pour un mariage. — Par malheur, ce jour-là, le maître, en mel-

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