‹ La Penelope normande piece en cinq actes et en proseChapitre 4 sur 92 · JEAN VA L A IN · texte numérisé non relu

JEAN VA L A IN

Pas vrai, not’ maîtresse.

NOÉMI. -

Oui. C’est très-joli. — A-t-on apporté mon journal de modes?

(La Valaine lo tond sans parler. ) El ma musiquo?

LA VALAINE.

Le facteur me l’a remise. — Elle est sur le piano.

Bien. — On n’a pas envoyé de carton pour moi ?

LA VALAINE.

Non, madame.

NOÉM i.

Vous verrez que je n’aurai pas mon chapeau. (Regardant la gravure du journal do modes.) Ah! c’est charmant, ces robes Isabeau. Tiens! elles ferment de côté.

DENISE, d'un ton dolent.

Ah ! (Elle s'approche et regarde.)

NOEMI, lui montrant la gravure.

Manches larges... sur le taffetas antique, nuance giroflée, une

bande de velours gansée d'or qui traverse toute la jupe. — Tu comprends, n’est-ce pas, ma fdle? — Oui? va essuyer les verres, mon enfant.

DENISE

Oui, madame.

NOBMI, montrant du bout de son journal Denise et La Valaine qui tricoie toujours.

Voici la grande mode du pays. — Est-ce assez joli ! (Froissant i 0 journal.) Quel pays de sauvages! On ne sait trop pourquoi ils n’ont pas de plumes sur la tète... Ils s’habillent... ils sont bien bons!...

LA VALAINE, à part.

Qu’est-ce qu’elle a donc, la mijaurée?

NOÉMI

Et celle mer!... toujours la même... avec son éternel bruit... Elle me crispe... (Musique jusqu’au baiser.) Dieux!... que c’est énervant!... Ali! j’ai envie de pleurer.

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