AN T H IM K
Tenez, je n’y vais pas par quatre chemins... moi, voyez-vous, je suis tout franc.
R E NÉ
Ah!
ANTH1ME, à part, < «rendant la scùne.
Pourquoi donc dit-il : ah ! . . . (n*ut.) Je gage que vous m’en voulez? 1 RENÉ.
Moi! Et à quel propos vous en voudrais-je, monsieur Férouillat? Je ne vous connais pas.
ANTHI ME.
Que si, vous m’en voulez, et voici pourquoi... Vous ôtes venu dans notre pays; le hasard vous a fait rencontrer Noémi.
RENÉ
Noémi?
A N TH IME.
Je veux dire: madame d’Apreville... Alors, vous vous ôtes tenu ce raisonnement: « Tiens! tiens! tiens! voici une jeune femme qui s’ennuie— je suis jeune, elle est jolie... Est-ce que je ne pourrais paS.«. » (il regarJe la porte par laquelle est sortie Noémi.) Ça 110 VOUS Contrarie pas co que je vous ai dit là, monsieur de Sorbières?
RENE
Du tout, — continuez, monsieur Férouillat.
ANTHI ME.
Alors, vous vous êtes mis en campagne; on se rencontrait à la promenade, sur le rivage; mais voilà qu’à défaut du mari, cette femme avait un gardien terrible qui se trouvait là constamment, un porte-respect implacablement fidèle... moi, enfin! Alors, naturellement, on maudit un peu ce gardien qui n’a d’autre tort, au demeurant, que celui de faire son devoir.
Je vous avoue naïvement, monsieur Férouillat, que malgré votre éloquence, je ne vois pas encore où tend ce préambule.