‹ La Penelope normande piece en cinq actes et en proseChapitre 59 sur 92 · R EN K · texte numérisé non relu

R EN K

Continuez donc.

N O E M I . froissant ta lettre, en fait une bobine et pelotonne la aoie. )

A quoi bon?... Je connais cette lettre... Il me l’écrit tous les jours, et j’en fais des bobines.

Je vous en supplie.

NOKM1 , regardant la pendulo.

Écoutez, René... Il est dix heures: nous avons dix minutes à passer ensemble. Si vous voulez les employer à lire des lettres de M. Férouillat, j’en ai beaucoup, je vais vous chercher les autres.

RENÉ

Non... Restez de grâce... dix minutes... j'ai tant de choses’à vous dire.

NO ÉM i.

Dites-les vite, alors.

Est-ce bien votre volonté que M. Férouillat m’a exprimée tout k l’heure, ou bien ai-je été lo jouet d’un mensonge?... Est-il \ rai que je doive vous quitter pour toujours?

Oui... il faut que vous partiez. Il le faut absolument.

RENÉ

Au moins, vous me direz quel est mon crime.

N 0 É si I , ^muo.

Votre crime ?

Diles-Ie-moi, Noémi, que je vous en demande pardon, (u *e u»*.

glisser à ses pieds. \

NOEMI ^ jetant la soie et la lettre sur la labié.

Relevez-vous, par pitié, relevez-vous!

RENÉ

Que puis-je faire sans vous? I*uis-jo vivre? Je vous aime! je vous aime!

Croyez-vous donc que je ne l’aie pas fait ce rêve éblouissant qui

met tout le reste dans une triste nuit? Croyez-vous que mon cœur n’ait pas battu, quand je lisais vos lettres là-bas, dans votre jardin, sous le berceau de chèvrefeuilles... Mais ce rêve est déjà un remords... Je ne m’appartiens plus... Que voulez-vous que je vous donne ? Je ne suis pas heureuse... Oh! non ! mais laissez-moi ne pas être désespérée... Laissez-moi digne de ce noble amour que je suis fière d’avoir inspiré... et que je ne méritais pas .. Oh! mon Dieu! c’est moi qui vais me mettre à vos genoux... C’est une âme en détresse qui vous supplie de la sauver... A votre tour, ayez pitié... ayez pitié!

B ENÉ.

Ah! vous m’aimez, Noémi... Tu m’aimes... \iens... fuyons... viens... fuyons... fuyons... je t'aime!...

NOEMI, chancelant.

René ! René ! ( On entend nu dehors un coup de siffle!» — Noémi effrayée se 1ère. A pari. ) Anlhime! 11 n’est donc pas parti?

RENÉ

Qu’avez-vous?

NOÉMI

Éloignez-vous, je vous en prie... Je vous verrai demain.:, mais partez,..!

RENÉ

Quel est donc ce bruit qui vous épouvante?

NOÉMI

C’est... c’est quelqu’un qui rôde autour de nous, qui nous espionne et qui nous perdra. Je ferai... ce que vons voudrez... je fuirai avec vous... mais partez... au nom du ciel, partez!... (l»

fenêtre s'ouvre. AiitUitue saute dans la chambre. N.'Cmt pousse un cri. ) Ah!...

RENÉ

Que signifie...?

Page 1