‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 45 sur 244 · LE COMMUNISME KT LE PROLÉTARIAT GURÉTIENS · texte numérisé non relu

LE COMMUNISME KT LE PROLÉTARIAT GURÉTIENS

fonds de terre ou des maisons les vendaient et en mettaient le prix aux pieds des apôtres ; on faisait ensuile des distributions où chacun recevait selon ses besoins.

De là ces paroles de Bossuet : « L'Eglise dans son premier plan n'a été bâtie que pour les pauvres. Les riches n'y sontsouQerts que par tolérance. »

Aussi bien, il s'en faut que les apôtres fussent des riches. C'étaient des prolétaires, sans demeure stable, vivant péniblement du travail de leurs mains, comnio avait vécu du travail de ses mains l'ouvrier Jésus. Ils s'opposaient faibles à ceux qui étaient forts; méprisés à ceux qui étaient glorifiés.

« Nous sommes,, disaient-ils, comme les ordures du monde, comme des balayures que tous rejettent. » Ils ajoutaient : « On nous maudit, et nous bénissons ; on nous persécute et nous le souffrons; on nous dit des injures et nous répondons par des prières. »

Mais en même temps qu'ils priaient, ils lançaient Tanathème aux oisifs et aux riches. « Qui ne veut point travailler, s'écriait Paul, qu'il se passe de manger! »

Et Jacques : « Dieu a choisi ceux qui étaient pauvres dans ce monde pour être riches dans la foi et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment. Mes frères, gardez-vous de déshonorer le pauvre. Ne sont-ce pas les riches qui vous oppressent par leur puissance? Ne sonlce pas eux qui vous traînent devant les tribunaux de la justice ? Ne sont-ce pas eux qui déshonorent le nom auguste du Christ d'où vous avez tiré le vôtre? Vous, riches, pleurez ; poussez des cris et des hurlements dans la vue des misères qui doivent fondre sur vous. La pourriture consume les richesses que vous gardez.

Les vers mangent les vêtements que vous avez en réserve. La rouille gâte l'or et l'argent que vous cachez, et cette rouille dévorera votre chair comme un feu. Tel est le trésor de colère que vous vous amassez pour les derniers jours; car, sacher-le, le salaire que vous faites perdre aux ouvriers, qui ontfait la récolte de vos champs, crie contre vous, et les cris des misérables sont montés jusqu'aux oreilles du Dieu des armées. Il vous châtiera parce que vous avez vécu sur la terre dans les délices et dans le luxe, parce que vous vous êtes engraissés comme ces victimes qu'on prépare pour le jour du sacrifice, parce que vous avez condamné et tué le juste, sans qu'il vous ait fait de résistance. Et maintenant, vous, mes frères, persévérez dans la patience jusqu'à l'avènement prochain du Seigneur. Vous voyez bien que le laboureur, dans l'espérance de recueillir les fruits précieux de la terre, attend patiemment que Dieu envoie les pluies de la première et de Tarrière-saison. »

Page 1