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L'ACTION EST DANS UN VERBE A UN MODE PERSONNEL

6« les propositions : que l'on ait enregistré sa demande ne signifie pas qu'on la considère comme justifiée. La proposition est très souvent reprise par ce, cela : Que j'aie pensé à ce mariage, c'est la vérité; — que son père eût porté un nom retentissant, cela ne l'empêchait pas de s'appeler Jack (a. daud., Jack, Le retour).

Dans une phrase comme : sa consolation est qu'il lui reste une fille, que faut-il prendre pour le sujet ? le terme A : sa consolation ou le terme B : qu'il lui reste une fille ? On pourrait disserter là-dessus sans fin. En réalité grammaticale, le sujet est sa consolation. Il n'est même pas nécessaire d'appeler attribut ce qui suit le verbe être, qu'on retrouverait ailleurs remplacé par un complément (1).

70 les représentants :

A. — Un relatif personnel rappellent un antécédent précédemment nommé: Marias combattait à découvert. Il se faisait point de mire.U sortait du sommet de la redoute plus qu'à mi-corps (v. h., Mis... Jean Valjean, xxi).

B. — Un relcdif conjonctif : Comprend-on... ces hommes qui avaient promis de nous rejoindre... et qui s'y étaient engagés d'honneur, et qui sont nos généraux et qui nous abcmdonnent (v. h., Mis., Ib.).

C. — Un représentant démonstratif : examinez les deux questions : celle-ci me paraît presque insoluble.

D. — La périphrase formée de celui et d'un déterminatif cjuclcouque : considérez ces deux propositions ; celle de votre frère ne me plaît pas.

E. ■ — Un représentant possessif : nos santés n'ont pas été brillantes : la mienne laisse encore à désirer.

F. — Un distributif quelconque : des trois les deux sont morts (cokn.. Hor., 999) ; — de tous les soldcds envoyés en Orient, beaucoup, une moitié, la plupart ont eu la fièvre paludéenne : les jeunes n'y ont pas échappé plus que les vieux ; — de toutes les langues, la grecque est encore une des plus utiles à apprendre.

p. A la première et à la seconde personnes il n'y a point d'autres sujets que les personnels de conjugaison: je meurs ; — tu écoutes : — A' on, je ne puis souffrir cette lâche méthode (mol.. Mis., 41). Cependant les nominaux pluriels représentent parfois des sujets antérieurement exprimés : sortez, vous, les enfants ; ta mère et moi, nous resterons.

II arrive même qu'on se servira de nous, de vous pour représenter une famille, une nation, un groupe dont il a été question : les Français ont le cœur prompt, et l'oubli facile. Nous ne savons pas haïr, comme F Allemand.

Questions sur le sujet du verbe. — Pour savoir qui est l'autenr de l'action, qui est dans l'état, on questionne à l'aide de nominaux simples ou de nominaux périphrastiques. Ces formes sont tout à fait improprement nommées « pronoms » . Elles ne remplacent jamais de noms : Qui peut, en

{ 1 ) Elle a la consolation qu'il lui reste une flUe. Cl. Vous aurez la consolation qu'elle Sera morte dans les formes (mol.. Am. Méd., 11, 5).

ce moment où Dieu peut-être échoue, Deviner Si c'est du côté sombre ou joyeux Que la roue va tourner ? Qu'est-ce qui va sortir de ta main qui se voile. O Destin ? (v. h., Chat., Au mom. de r. en Fr.. i).

Les périphrases datent déjà de l'a. f. On peut dire qu'elles sont très communes au XV^ s. : qui esse qui m'a frappé ? {Myst. du v. Test., 4763) ; — Point de nous declaira Lequel c'est qui premier viendra (Ib.. 5752; h. l., i, 431, II, 319).

Les grammairiens du XYIL' s. jugèrent que est-cr était là superflu, et tous se prononcèrent en faveur des formes simples. On trouve encore des grammaires attardées où cette doctrine se conserve. En réalité, sont vraiment populaires les formes périphrastiques où entre c'est : qui c'est qui vient ? (1) ; mais la forme qui est-ce qui frappe ? est dans toutes les bouches. On interroge aussi par interrogation dite indirecte : dite.s-moi qui vient; ■ — dis-moi... qui peut t'inspirer une peur d'un si mauvais augure (mol., D. Juan,i; 1). S'il s'agit de choses, on se sert de ce qui : Dites-moi ce qui cause ton chagrin.

Que ET Qui. — Il serait assez singulier, au moins dans certains cas, que nous fussions obligés par avance de choisir la forme de la question, avant de savoir s'il s'agit d'un être ou d'une chose ; par exemple, au sujet d'un carreau cassé, est-ce le vent qui a fermé brusquement la fenêtre ? est-ce un gamin qui a Jeté une pierre ? On évite cet embarras, en ne disant pas : qui a cassé le carreau ? mais en prenant un autre tour : comment ce carreau est-il cassé ?

En etïet, en langue moderne, nous usons de formes différentes pour interroger sur les i)ersonnes et sur les choses : qui vous a dit cela ? que se produit-il. si on fait passer un courant électrique ? De même avec les périphrases : qui est-ce qui vous a dit cela ? qu'est-ce qui arrivera ?

Cette distinction peu heureuse est récente. Chez les classiques, qui s'employait encore en parlant des choses : Va donc, qui te retient ? (corn., PoL, 1717) ; — Mais qui cause. Seigneur, votre inflammation ? (mol., Dép. am., 73(») ; -- qui vous a fait aviser de ce tour ? (l.vjont., vi, 37, Cent.) ; — Qui fait l'oiseau ? c'est le plumage (Id., Fab., ii, 5) ; — Si ces autres oracles eussent esté rendus par des prestres imposteurs, qui obligeait ces prêtres à se décréditer eux-mêmes ? (fonten., Hist. Or., 17).

I.c i)i-uplc a d'aulrcs formes encore : (/ui qui, qui qiir: Qui qui t'a dil cela ? cl qui qu'en soiii (le la langue la plus basse.

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