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CHAPITRE PREMIER LES FORMES IMPERSONNELLES DE L'ACTION

La forme impersonnelle. — Il existe, nous l'avons dit (1). et c'est là chose très importante pour celui qui veut étudier les rapports de la pensée et du langage, une façon spéciale de concevoir l'action ou l'étal, où la pensée part de l'idée de l'acte, non du si.jet qui le fait. On a plusieurs fois parlé de verbes « unipersonnels^^ : il neige, c'est « impersonnels ^> qu'il faut dire. Ils n'ont point de personnes, pas même une. Ces verbes étaient très nombreux en a. f. Quekiues-uns ont disparu tout à fait : il esloet (est l)csoin) ; il chaut, il me vient, il gricve. il poise, il deust, il pert. D'au très sont archaïques : il appert (il apparaît), il consle. (il est certain), il sourd, il me souvient, il me fâche, il m'ennuie. Mais il en reste qui sont en pleine vie : il faut, il advient. Les phénomènes de la nature sont exprimés pour la plupart sous cette forme : // pleut, il neige, il vente, il tonne. Elle sert aussi à l'expression de toutes sortes d'idées abstraites : il convient, il est, il ij a, dont nous reparlerons plus loin.

"Verbes personnels construits impersonnellement. — Il importe de remarquer qu'en dehors des verbes peu nombreux qui ne sont qu'impersonnels, comme fcdloir, il y a une foule de verbes ordinaires qui s'emploient impersonnellement. Pour mieux dire, il y a, à côté de la construction personnelle ordinaire : un wagon arrive aujourd'hui, une construction impersonnelle : Il arrive aujourd'hui un wagon. Pour mesurer l'extension de cette forme impersonnelle, instrument essentiel de langage, il faut considérer qu'elle s'applique à des verbes actifs, ou simples ou pronominaux : Il arrive. il se peut, et aussi à des verbes à forme passive. Si on ne dit plus : U fut oublié d'y employer (malii., iv, 128) ; — Il fut dansé, sauté, balle (la font.. Cont., I, 518), on dit encore fort bien : Il fut arrêté qu'on irait ; — il est prouvé qu'ils étaient complices ; — il n'étoit parlé que des grands préparatifs... (rac, V, 253). Ou bien, en substituant au passif le pronominal : Il se fait des souliers à deux cents francs: — Jl se coupait bien de temps en temps en France une tête par-ci, par-Ici (v. h., Dern. j. ). Aux verbes, il faut ajouter

(1) Voir p. 13,

les expressions verbales où entrent noms et adjectifs : Il est temps d'y penser : — Il serait bon (Vy penser.

De sorte qu'en f. m. les phrases de cette sorte pullulent : Il est arrivé une auto pleine de monde : — il s'est produit une fissure : — il s'y mêle autant de vanité que de dévouement ; — il en vient des touristes ici I — Il n'en manque pas des fabriques autour de chez nous (a. daud.. Cont., Monol. à bord). Comme nous allons le voir, elles n'ont pas peu contriluié à varier la syntaxe ci à embrouiller l'analyse.

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