CHAPITRE VIII (1) COMPLÉMENTS DE PROPOS
Nature de ces compléments. — Un des compléments les plus \ oisins de l'objet, c'est le complément de propos, celui qui répond à la question: Sur quel sujet, à quel propos, sur quoi, de quoi : Il a fait une réclamation au sujet du colis perdu ; — 7/ a en même temps parlé de cette affaire à M. X.. le chef de Service.
Propos et objet. - — Si on veut se rendre compte combien ce complément est devenu, en certains cas, semblable à un complément d'objet, il n'est que de suivre l'évolution du verbe souvenir. Anciennement (il) me
(1) On chorclicrn peul-élr- ici un taljlcau r.écapituIaUf des princ'paux coinplémeiils.
Il serait tout à fait contraire à cette méthode de le dresser, et de réunir les ctmpléments multiples du nom ou du ^erbe, sous prétexte qu'ils ont tous en commun ce même iô!e de compléments. Ce qui nous importe, c'est la peofée, c'est tle dont nous cherchons les expressions. Nous avons donc dispersé dans les chapUrts afférents tous les compléments de ciuse. de ccmparaison, etc., etc.. Nous ne reterons ici que ceux qui > ont leur place marquée par la méthode même, parce qu'ils s( nt des compléments de l'action. Mais pour la commodité vo'c! une table générale :
Compléments
d' appartenance, parîitir.
de mesure, d' origine, de matièie.
d' instiumcnl.
de p ix.
de maniéie, foime, aspect, de limitation de l'idée, subjectif.
objectif.
[ le lieu, et de mouvement dans le lieu. l
I de temps et mouvement dans le temps, f
i d' accempagnement ou do séparation, i
( de retranchement. \
l de simultanéité. I
d' antériorité.
I de postériorité. f
j de ressemblance et égalité. I
I de confoimité. I
J de supériorité. |
' d' infériorité. (
, de cause, motif. ;
\ de conséqi pi^ce. \
^ de but, progr..mme.
I d' hypothèse et de cond tion. /
d' opposition. \
ition (liv. IV.
Voir La déterniir.
ch. VI).
— La quantité (liv.
et X).
La caractérisation (liv. xiir
L'action, liv. vu, ch. vi).
Le sufel (liv. vin, ch. ii).
L'objet (liv. ix, sect. ii,
ch. II).
L'objet secondaire (liv. x,
ch. II).
L'objet (liv. IX, sect. ii.
ch. V).
Les circonstances (liv. xt,
sect. 11, ch. I, et sect. ui
ch. V).
Leit rapports non logiques
(liv. XVIII, ch. I. II, IV).
Les rapports temporels (liv.
XIX, sect. I, ch. Il, VI, IX).
Les comparaisons (liv. xviii, sect. II, ch. i, iv,v,vi, X).
Les causes (1 v. xx).
Les conséquences (]W. xxi).
Les buts (liv. xxii).
Les hypothèses (liv. xxiv).
Les oppositions (li\ . xxiii).
soiwienl de ma jeunesse signifie: quelque chose me vient à l'esprit 3iU sujet de ma jeunesse. D'où on passe à : je me souviens de ma jeunesse. Là de ma jeunesse apparaît si bien comme un complément d'objet que l'analogie entraîne le verbe se rappeler, qui, lui, a un complément d'objet direct : se rappeler sa jeunesse. Sous l'influence de se souvenir, il tend à prendre un complément indirect : se rappeler de sa jeunesse.
Coniparez les compléments des verbes comme juger : Juge: de ma surprise ; — Ce paysan qui m'examinoit jugea de la vérité de mon histoire par celle de mon appétit (rouss., Conj.,i, iv) ; — Rire : aimer Molière... C'est ne pas la mépriser trop, pourtant, cette commune humanité dont on rit {s^'^ beuve, Nouv . Lundis, v, 278); — Douter : douter de l'affection, de la culpabilité de quelqu'un (cf. un doute à ce sujet m'offenserait).
Propos et cause. — Le complément de propos est. par un autre côté, voisin du complément de cause : elle souffrait de .sa solitude signifie : au sujet de sa solitude, mais aussi : en raison de sa solitude. Cf. il le loua de sa sagesse; — Il le félicita d'avoir résisté à la tentation. — Les trois Baillard remercièrent... la Vierge de la profusion des grâces qu' ih avaient trouvées... et de les avoir choisis pour être... les apôtres du règne de l'Esprit (barrés, Coll. insp.. v).
Structure de ces compléments. — Ces compléments sont attachés à un verlK' : ixtrler de la France ; — traiter de l'art au temps de la Renaù';sance : — ou à un nom : Traité d'algèbre ; — une ri.vc à propos de politique ; — notre o})inion au sujet de la guerre m'étonne. Souvent le complémcul torme à lui seul un titre : des pronoms ; — des passions.
Les ligatures. — De. — La préposition la plus usuelle esl de : Dune lur remcmbret des fleus e des honurs {Rot.. 820) ; — Ce livre traite de botanique ; — décider du succès ; — parler d'autre chose ; — On racontait de lui des choses merveilleuses : — il avoit beaucoup d'esprit, .soit qu'on dise vrai, ou que ses malheurs aient fait croire cela de lui (rac, Brit, 2^ préf.).
En ce cas, si ce complément doit être représenté, on se sert de en et des conjonctifs dont, duquel, etc. : Le mariage? il en est question : — une affaire dont /"(// honte.
Sur. — Discours sur le sti/le : — hésiter sur le choi.r; — parler SUF l' Évangile du jour : — La jalousie et l'émulation s'cvercent sur le même objet, qui est le bien ou le mérite des autres (la br.. Car., De l'homme, 85) ; — Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas, Sur ce qu'il es/ et sur ce que nous sommes (v. u., Cont.. I, Aur.. i) ; — Une enquête solennelle était faite sur le sang versé (MICHEL., Bibl. de l'hum., Grèce, i, 141).
On comparera l'emploi de sur et de à dans diverses loculions : réfléchir à une conversation. SUT une difficulté.
COMPLEMENTS DE PROPOS 399
A l'endroit de. — Il est un peu démodé : L'inquiétude qu'elle m'avait... montrée à l'endroit de ma sécurité (bourg.. Corn.. 105). (Cf. à mon endroit).