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CHAPITRE XIV COMPLÉMENTS NON SPÉCIFIÉS

L'n p'jLi fringéniosilé perinetlrait de pousser la classification des complémeiits plus loin et de créer d'autres espèces. Il suffît de considérer quelques phrases comme la suivante : Pour la théologie juive, /^ '; roijaiime de Dieu « n'est le plus souvent que le judaïsme lui-même (rex.. Jés.. ch. v). II est certain que cette phrase présente un sens tel que le complément pour la théologie juive pourrait être remplacé par d'autres, construits avec diverses prépositions ou locutions prépositives : devant les théologiens juifs, cet argument est de peu de poids : aux yeux des rabbins, il coniptr peu. Avonsnous pour cela atTaire à un groupe ?

Il serait à craindre que la subtilité à laquelle on pourrait recourir pour établir des groupes de ce genre ne fût inutilement dépensée. Classer n'est pas l'objet dernier. L'objet est de comprendre, et un émiettement excessif risque de gâter les éclaircissements réels que peuvent donner à l'esprit des divisions en nombre limité et qui s'imposent. Il est impossil)le d'affirmer aujourd'hui si dans : rougir de sa pauvreté, nous avons affaire à un complément de propos (au sujet de) ou à un complément de cause. De même dans : habile en affaires, bien téméraire sera celui qui décidera si on est en présence d'un complément de matière ou d'un complément de propos.

La grammaire historique tendrait ici à égarer le pédagogue. Gomme nous l'avons dit à propos de l'objet secondaire, il convient de se défier d'elle. Ce qu'il faut retenir de ses enseignements, c'est l'avertissement qu'elle nous donne de ne point élever entre les phénomènes des barrières fixes, avec la prétention de les enfermer chacun à part, sur un domaine mesuré, limité et inextensible. Mais elle ne permet pas de prononcer sur l'usage présent.

Par quelque agrément que les interprétations puissent tenter, il faut les arrêter à leurs limites normales. Les nuances infinies par lesquelles nos langues analytiques sont si supérieures, peuvent et doivent être étudiées, ^lais il faut se garder des excès qui ne pourraient que compromettre une méthode féconde pour l'éducation de l'esprit. C'est une question de prudence et de tact (1).

(1 ) Le champ reste large. \'oici une étoffe qui déteint au soleil. Au soleil marque-t-il le lieu ou !a cause ? i.a cause sans doute. On peut faire l'analyse, il faut la faire. De même .' // m'intéresse... avec son aplomb de gandin roué (a. daud.. Imm., 33). S'agit-il de manière d'être ou encore de cause ? Il y a intérêt à le rechercher. Cf. durcir au feu ; se blaser au contact des réalités.

■ÎOG L'OBJET SECONDAIRE ET LES ACrJiES COMPLÉMENTS

En lous cas, il y a un point au delà duquel il serait non seulement abusif, mais très fâcheux de poursuivre. II ne faut pas dans certains cas aller au delà d'une simple constatation, qui est celle-ci. Tel mot reçoit un complément — sans plus — ■; il se construit de telle manière. Ainsi soupçonner quelqu'un d'indélicatesse; — condamner à.]apnson; — assistera, une fête; — user de courtoisie ; — disposer de la fortune de sa femme ; — s'occuper de travaux publics ; — se plaire à la conversation d'une personne ; — mentir à sa réputation ; — borner son action à une démonstration pacifique ; — Sa gloire ne consiste pas à être relégué hors de l'histoire (ren., Jés., Intr.); • — Il faut fléchir au temps sans obstination (mol., Mis., 156).

Et il ne faudrait pas croire que ces réserves ne s'étendent qu'à des com- .pléments construits avec à, ou de. témoins : lire Kant en allemand ; — les mariés de l'été dernier plaident en divorce ; — je m'épuise depuis un mois en vaines démarches ; — commencer par l'algèbre.

C'est là un étal de choses qui, dans certains cas. résulte d'une tradition lointaine. Dans d'autres, il résulte d'un travail plus récent, où la vie de l'esprit et la vie du langage ont contribué. D'autres ont le devoir de l'expliquer. Il n'y a ici qu'à l'enregistrer.

PAR 11 E lîî CIRCOXSIAXCES, MODALITÉS

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