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CHAPITRE II LES ÊTRES, LES CHOSES ET LES ACTIONS DANS LE TEMPS

A quoi est attachée l'idée de temps. — ■ L'idée temporelle peut être attachée à un être, à une chose, à une caractérisation, à une action (1).

A — Elle est attachée a un être, a une chose :

L'enfant d'aujourd'hui tst /'homme de demain ; ~ les réformes à venir ; — /(■ combat du 6 octobre ; — dans ce bel ordre qu'on admire, fait de débris louis-quatorziens (flaib.. Édiic. i, 310).

B - — Elle est attachée a une caractérisation :

La Bastille, imprenable il y a deux siècles, ne résisterait pas aujourd'hui à une demi-heure de bombardement ; — sûre désormais de son pouvoir ; — Puissante alors, faible aujourd'hui, ma/.s toujours belle, Venise...; — aveugle depuis la bataille de Verdun ; — impassible jusque-là ; — debout depuis près d'une heure, elle éprouvait le besoin de se reposer.

Les participes, en particulier, reçoivent fréquemment des compléments temporels : La Prusse, vaincue en 1806, humiliée pendant les années qui suivirent, triompha en 181 1.

C — Mais c'est surtout à l'action énoncée dans le verbe que sont attachées les circonstances de temps : // arrive aujourd'hui ; — // est arrivé hier.

Il n'est pas besoin d'insister sur l'importance de la date. Qu'il s'agisse d'histoire ou d'affaires, d'une entrevue, d'un rendez-vous, d'une échéance, la question de temps domine tout. La vie, de la naissance à la mort, se divise en périodes, et finalement se résume en quelques dates principales, heureuses ou malheureuses. Un jugement, une pensée, un vœu, changent de caractère, suivant qu'on les situe à un autre endroit de la durée, qu'on y attache ou non une notion temporelle. Comparez : ceci est impossible et: actuellement ceci est impossible ; — si seulement il était là et: si seulement il avait été là! — cet enfantréussiraet: cetenfantaréussi. haquestion de la responsabilité du cataclysme qui vient de désoler le monde ne sera résolue que quand on sera définitivement fixé sur l'heure de certains actes.

Les actions considérées par rapport au temps. — Pour comprendre comment les actions sont présentées dans le temps par la langue.

(1) Nous dirons pour plus de brièveté actions. Il s'agit aussi bien des étals.

il faut considérer que. par rapport au temps, les actions peuvent se classer en diverses catégories :

A — Actions instantanées. — // meurt ; — V étincelle jaillit; • — voilà les perdrix qui se posent ; — la jeune fille expira.

Nous les nommerons actions -points, nous les figurerons par un point.

B — Actions limitées. — Ce sont celles dont la durée, quelle cjuVlle puisse être, est comprise entre des limites : // fait sa promenade habituelle ; — la cuisinière épluche ses pommes de terre : — les droits féodaux ont été abolis dans la nuit du 4 août.

Nous les nommerons actions-limitées nous les représenterons i)ar une ligne bornée : \ 1

G — Actions illimitées. — Elles n'ont ni commencement ni fin : Cet écrivain a un style 1res agréable ; cette personne est fort jolie.

Nous les appellerons actions illimitées, nous les représenterons par une ligne non l)ornée :

D — Actions p.\rtikllkmknt limitées. • — Entre les deux catégories précédentes se placent :

1° les actions cjui ont un comnunccnunl : La dévolution de 17<S9. midciré des arrêts et des reculs, continue depuis un siècle cl demi ; — cette année, votre enfant est réellement en progrès. Nous les AppcUevona partiellement limitées:nouH les figurerons ])ar une ligne bornée au point de dépari : 1

2" des actions cjui onl une lin : [/Iiun}(milr a cherché ses principes essentiels jusqu'à la Révolution de 89.

Nous appellerons aussi ces actions partiellement limitées ; nous les figurerons par une ligne limitée au point d'arrivée :

Il ne serait pas exact de classer les verbes eux-mêmes en verbespoints et en verbes-lignes, ainsi qu'on le fait quelquefois. Un même veri)e peut signifier tour à tour une action-point ou une action-ligne : je tourne la page ; — l'ouvrier tourne un pied de table ; — la terre tourne.

Le contexte modifie à cet égard le caractère d'une action. On le sent tout de suite en comparant : elle s'est éteinte brusquement iwelle s'est éteinte petit à petit. Il semble qu'apercevoir signifie une ;K'lion-])oint. On dira cependant for', bien : J'aperçus longtemps sa main qui agitait un mouchoir blanc. Ce sont naturellement les expressions de durée qui jouent dans ces modifications le rôle principal, nous y reviendrons. Mais toutes sortes d'autres compléments ont le même effet. Soit la pbrase : Que fais-tu en ce moment ? Je sème mon hlé.U s'agit d'une action limitée. Soit au contraire la phrase : Je sème mon blé en mars, il s'agit d'une action qui se répète d'une façon indéfinie, donc illimitée. Comparons : Madinue s'habille, action à durée limitée, à : .l/adamt' s'habille bien, action à (hirée iMimitéc. C'est l'addition

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