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CHAPITRE PREMIER EES QUESTIONS

Nous avons déjà vu des questions de toutes sortes portant sur le sujet, l'objet, l'objet secondaire, les compléments. Nous considérerons ici celles qui portent sur l'action même : Venez-vous ? — Êtes-voiis prêt? Mais beaucoup des observations qui suivent s'appliquent aux questions de toute espèce.

10 Questions réelles. — Les questions sont réelles, cbaque fois que le sujet parlant demande vraiment quelque chose : Qu'est-ce donc? Qu'avez- VOUS ? Laissez-moi. je vous prie (mol.. Mis.. 1).

Demandes d'assentiment. — Souvent, la question a j)Our but de demander l'assentiment à une énonciation quelconque. N'est-ee pas est très employé à cet effet, soit à part, soit en proposition principale : N'est-ce pas qu'on souffre horriblement ? (v. h., Hern.. v, 6) ; — N'est-ce pas qu'on ne peut le condamner {là.. M ar. de L.. ii, 5); — ces premières chaleurs, n'est-ce pas? vous amollissent étonnamment (flaub.. Bov.. 123). On se sert aussi de dites : Alors, dites, tout s'arnmgera? (curel, A'onp. Id.. i. A).

20 Interrogations apparentes. — L'interrogation ])eut n'être qu'une apparence. On l'emploie souvent dans des cas où l'on ne demande vraiment rien, où il y a au contraire affirmation : Ce vieillard ! il vous aime, il ra vous épouser ! Quoi donc ! vous prit-il pas l'autre jour un baiser ? X'ij plus penser I

ISH IJ:S J'MTS I>AJ{ Ji.\ I'VORT .\ XOS Ol'F.K.X rioxs l>S ychologiqvks

(V. H., Hcrn.. i, 2); — N'allez-vous pas vous mêler des draps, à présent? réplique Jacquotte. S'il couche ici. je sais bien ce (juil jaudm lui faire (bai./... Méd. de Camp.. 'M)) ; — Est-ce qu'il ne se figurait pas voir là-bcts, dans la poussière qui remplissait les vides, la veste blanche... du petit garçon de chez Sureau? (a. daid.. Cent., Petits Pâtés); — cet original d'abbé Papillon ne s'est-il pas, comme elle, mis en tête de me marier? (dur.. Uniss., 3).

Certaines [)lirases renfermaiil des interrogations apparentes, sont devenues d'usage : Ce bébé qui sait lire ! croiS-tu? Cf. pensez-vous et d'autres.

C'est ainsi que l'interrogation est 1 un des procédés du style oratoire. Les prédicateurs, par exemple. s'en servcnl [)our coninuiniquer avec leur public, l'associer à leurs niouvenients de jx-nsée eî de senlinienl : Toi donc, mon frère, qui te plains sans cesse de la ru.ine de ta fortune et de la pauvreté de ta maison, njcls la main sur ta conscience : as-tU cherché le royaume de Dieu ? as-tU fait ton affaire principale de sa vérité et de sa justice? N'as-tU pas au contraire employé tes biens ou pour opprimer l'innocent, ou pour contenter les nuuuHiis désirs jxir les voluptés défendues ? (noss.. Car. des Minim.. Nécess. de la Vie. U"' p.) : C'est ainsi que la puissance divine, justement irritée contre notre orgueil, le pousse jusqu'cni néant... Peut-on bâtir sur ces ruines ? Peut-on appuyer quelque grand dessein sur ce débris ? Mais quoi. Messieurs, tout est-il donc désespéré })our nous ! Dieu. <pii foudroie toutes nos grandeurs jusqu'à les réduire en poudre, ne nouS laisse-t-il aucune espérance ? Lui... verra-t-il périr s(uis ressource ce (ju'il a fait capable de le connaître et de l'aimer? Ici un nouvel ordre de choses se présente à moi (Id., Henr. d' Angl.).

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