CHAPITRE II MOYENS D' EXPRESSION
On interroge sur la finalité à l'aide de diverses questions : Pour quoi ? pourquoi faire ? A quelle intention ? Dans quel but ? A quoi bon ?
Pour répondre à ces questions, on se sert de divers moyens.
Moyens intrinsèques. — La finalité est quelquefois marquée dans la formation même des mots. Nous avons vu aux Noms, des composés savants ou vulgaires qui traduisent par eux-mêmes la destination de l'objet : porte-bonheur, bouche trou, couvre nuque, fer à repasser, calorifère. Il y a aussi des adjectifs de ce genre : ignifuge ; potion soporifique.
F'oHMEs (jRAMMATiCALEs. — Le latin vulgaire avait perdu la forme spéciale qui indiquait, en latin classique, la direction, le but, de sorte que le français n'avait plus que son infinitif. Il s'en sert pour marquer le point où se dirige une action matérielle, un mouvement, nous l'avons vu (p. 431) : Vi\-f-en pendard. va-t-en me chercher mon fripon (mol., Scap., i, 4) ; — Viendrez-vous cet été à Croisse! entendre Saint- Antoine ? (flaub., Lett. à G. Sand, ccxvi). De même pour toute espèce d'intentions : // s'habilla au plus vite et il descendu recevoir s^'.s visiteurs inattendus {cu\y\pi-i.., Cont., 189).
Moyens extrinsèques. - A) Parfois l'idée de but est dans la phrase })rincipnle : Tout cet effort ne tend qu'à asseoir le régime; — ceci ne vise qu'à le décharger de sa responsabilité ; — la fin de l'homme est l<i rrriu.
B) Ailleurs on se sert :
1° d'un complément préposiliojincl : // (/(",s(7/((/;7 pour l'attendre.
2» d'une proposition
A) conjonctive : // choisit un costuinr qu'il pût porter l'hiver.
B) conjonctionnelle : // se cacha, afin que personne ne se doutât de sa présence.