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CHAPITRE IV LES CHANGEMENTS DE GENRES

D'après ce que nous avons dit de l'attribution des genres, on pourrait conclure déjà que les genres ne sont pas immuables. I.e genre des mots comme steppe, phalène, effluve, pagne et d'autres, plus communs, tels qu'onlichambre, no'él, omoplate, orbite, Orléans n'est connu que des gens qui parlent français avec sxiretc ; mauvaise condition pour se perpétuer. Mais il faut bien dire que d'autres noms ont perdu leur genre, bien qu'ils fussent dans des conditions à le garder.

A. Changements de genre artificiels. — Il y a eu dans certains cas action savante. Vu mot a élt^-tamené. soit par des écrivains, soit par des grammairiens, au genre qu'il avait en grec ou eii-Jatin. C'est le cas pour comète, erreur, idole, qui ont été faits souvent masculins. Ils ne le sont pas restés. Mais on dit aujourd'hui un emplâtre à cause du grec. Sous cette pression, certains noms ont deux genres, tels automne, après-midi. Mais dans plusieurs cas, les théoriciens se sont refusés à accepter la liberté, et ils ont inventé les distinctions cfu'on enseigne au sujet d'amour, hymne, orgue.

B. Changements de genre naturels. — 1° Influence de la finale. — C'est la désinence dite féminine, qui exerce l'action principale. Cette action a été très forte. Elle a, à certains moments, failli entraîner des noms désignant des êtres masculins par définition, comme le pape (ci. prophète) ; mensonge, navire, reproche, cloaque, doute ont été féminins (n. i.., m, 439) : épigramme, âpithète, épitaphe le sont restés. La langue populaire dit : unigrosse légume, une concombre. On hésite sur amulette, tentacule, disparate.

20 Inflience de l'ixitiali:. : On l'observe dans des noms à initiale en voyelle : image ; enterrement. Elle est due au mouvement de dénasalisation de l'article indéfini un. Un en a. f. s'est d'abord prononcé u -f n. Puis la voyelle a passé à œ nasal : œne charte, œne porte. Devant voyelle l'œ sourd du féminin élidé ne s'entendait pas : œn ane, œn anesse. Comme œ restait nasal au féminin, ainsi qu'au masculin, la prononciation de Ijrrlirip é'^'t ]'',u'pilhiiiiiv ûvws [^^"r^-s X)ès lors, si le nom n'avait pas luie forme qui le marquât distinctement comme féminin, il pouvait être pris pour un masculin (h. l., m, 277). La mé])rise a été fréquente : un admirable Iliade (du bell.. Def., 2^ part., 5) : un ombre espars (noNSAUD, El. de mon

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