ÉLÉMENTS DE LANGAGE AUXQUELS SE RATTACHE L'OBJET SECONDAIRE
10 Noms. — Avec certains noms, mil doute n'est possible sur le rôle du complément : Défense à Dieu de faire miracle en ce lieu ; — abandon de biens à l'Assistance publique ; — un legs aux Orphelins de la guerre ; — son dévouement à la chose publique ; — l'octroi d'une charte à la nation ; — l'enlèvement d* Hélène à son mari ; — l'application de ces méthodes à l'industrie cotonnière. On trouve des constructions plus hardies : l'inutilité des arts à l'état SOCial (vign., Stell., 225).
2^ Adjectifs. — Les adjectifs ont des compléments, qu'on peut considérer comme des compléments d'objet secondaire: utUe à l'agriculture; — Et les autres, pour être aux méchants complaisants (moi.. Mis,, 120) ; — très souple à toutes les ondulations d'une soirée oisive (lam., Noi^v. méd,, xxxii) ; — quelle invention bonne à la profusion des arts ou aux besoins de la vie a signalé votre nom ? (vign., StelL, 227) ; — DottX au faible, loyal au bon, terrible au traître (v. h., Lég,, P. R. Gai.). (V. p. 377).
3^ Adverbes. — Ils ont parfois les mêmes objets secondaires que les adjectifs correspondants : Pourquoi r Anglais émigre-t-il si aisément et si Utilement pour l'Angleterre même? (michel, Am., Introd., lO).
40 Verbes objectifs et locutions verbales objectives. — Les, verbes objectifs peuvent avoir, outre l'objet, un objet secondaire : UÈtat lui a commandé une statue ; — le libraire lui a rendu son manuscrit ; — Ceux qui nous ravissent les biens par la violence,., et qui nous ôtent Vhonneur par la calomnie, nous marquent assez leur haine pour nou^ : mais ils ne nous prouvent pas également qu'ils aient perdu à notre égard toute sorte d'estime (la br., Car,, De l'homme, 78).
Les verbes objectifs peuvent être réfléchis : Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez (rac, Phèd,, 343) ; — Toute autre se seroit rendue à leurs discours (Id., Brit., 1249).
Quand le verbe objectif a pour objet d'attribuer une manière d'être à un être ou à une chose, on peut, à la suite du mot qui exprime cette manière d'être, construire un objet secondaire. Sur le type rendez ceci clair, on dit :
rendez-le clair aux enfants. Cf. rendre la vie difficile à son entourage ; — Qui rendez le retour impossible au coupable (aug.. Ai;., m, 5).
50 Verbes subjectifs. — Les verbes subjectifs peuvent, eux aussi, avoir leur complément d'objet secondaire. C'est là précisément une des caractéristiques de ce complément, et qui l'oppose à l'objet : la barbe lui pousse ; — tu sais la chance qui lui arrive ; — un héritage lui est tombé du ciel ; — une dernière consolation restait au malheureux ; — la fortune lui souriait enfin ; — Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent ! (rac, Phèd,, 158) ;
— La première pensée'qui me vint fut de me demander : « Que ferai- je à présent ? » (muss., Conf. d'un enf., V^ part., ch. 4) ; — Vamour à l'un grandit FA par le temps empire, à Tautre refroidit (muss.. Ed. Lem., i, 72-73); — un cep, depuis cinq ans planté dans un rocher. Tient encore assez ferme à qui veut Varracher (Id., Ibid., i, 46).
Ces compléments se retrouvent tout aussi bien quand le verbe prend la forme impersonnelle : D me vient une idée ; — Il lui est arrivé des aventures ;
— Il lui a poussé de la barbe ; — il lui coulait du front une sueur froide. De même avec les verbes qui signifient être, paraître: cela m'est dn récon*-
fort ; — rien ne m'est plus, plus ne m'est rien ; — sa femme lui a été d'un grand secours ; — elle me semble bien fatiguée ; — il m'a paru à bout de forces.
Cela ne veut pas dire que tous les verbes subjectifs se prêtent à cette construction. On ne peut pas, par exemple, construire: Un jeune homme lui accourut, comme on dit : du secours lui vint. Il n'est pas d'usage de dire : des rougeurs lui persistent, comme on dit : des rougeurs lui restent sur la peau.