CARACTÉRISTIQUES COMPLEXES ET DIVERSES
de pratiques manteaux d'hiver, originalement ornés de |ilis formant eomets disposés en dehors de chaque côté des hanches^
A LA FOIS, ENSEMBLE expriment des caractères coexistants : âme jeune et mûre à la fois.
Au contraire, quand on veut séparer les caractères, on se sert des moyens ordinaires : d'une part, de l'autre, sous un rapport, sous d'autres rapports, etc. Ici les limitations dont nous avons parlé jouent un rôle essentiel. On peut naturellement opposer les caractéristiques. Nous en reparlerons.
Garactérisations approximatives. — Malgré l'abondance presque sans limite des moyens, il arrive que le sujet parlant a des hésitations. Les caractérisations manquent de rigueur. L'approximation s'exprime alofs par des adjectifs formés à Taide des suffixes spéciaux dont nous avons parlé : et, elet, ot : maigrelet, pâlot, maigrillot (un peu pâle, un peu maigre, etc.). Ces adjectifs expriment en général une nuance d'attendrissement, de pitié.
Noter à part aire : noiràire, verd&ite (qui tire sur le noir, sur le vert), viol&tte ; et esque : Ce suffixe n'est pas très ancien. Il ne s'est guère développé vraiment que dans la langue moderne. Il signifie à la façon de : des voyages Châteaubrianesques, un style dantesque.
Pour les verbes, on a le sufRxe oycr : Quelque chose rougeoyait dans l'herbe. Rosir peut signifier avoir une teinte rose, en même temps que devenir rose.
Outre ces procédés, qui introduisent des réserves dans les mots euxmêmes, on se sert des caractérisations ordinaires, en les faisant précéder de comme : il resta comme étourdi ; — comme impatient de ma présence ; — C'est cela.,, fît le prisonnier, comme se parlant à lui-même (dumas, TuL, 9) ; — Au premier moment, quand on se voit comme enveloppé dans cette monstrueuse caverne de feu... on ne peut se défendre d'un mouvement d'anxiété (v. H., Le Rhin, Feuer ! Feuer î) ; — on la mit comme nue à la porte (michel., Rév., III, 16) ; — Elle glissait comme à reculons (LOTI, Pêch., 79).
A comme ajoutez pour ainsi dire, autant dire, comme qui dirait : elle est pour ainsi dire perdue (l). *
On emploie aussi les locutions adverbiales : à la façon de, à la manière de, dans le genre de, à la : avec des allures à la d'Artagnan. Il a paru des livres sous le titre de : A la manière de.
Avoir l'air — Un mot a eu longtemps une faveur énorme, c'est air. On était du bel air, on avait l'air de la cour. Il en est resté l'expression avoir l'air, dont nous avons parlé à propos des verbes subjectifs. Mais on dit aussi : avoir un air, des airs de reine (des façons, des apparences).
( 1 > Une kspèce de. — A la dénomination, noui avons parlé d'expressions de dénomination approximative : une sorte de nain ; Vhomme, une espèce de Maure (v. h.. L^g., Apr. la bat.) (V. p. 81). Il faut noter que espèce de n'a plus ce sens, quand il précède une caractérisation : aspèea dMnsolait. Il se rapproche alors beaucoup plus du sens de : nccompli, fieffé, et fait songer à la valeur de type dans : c'était le type de rhomme insolent.
072 LES PRINCIPALES CAI^ACTÉRISTIQUES. LEUR USAGE
Caractéristiques indécises. — L'incertitude entre deux caractéristiques se traduit par les formes ordinaires de l'alternative : Où, soii. Cf. : .Sa femme de vingt ans plus jeune pour le moins, ni gnxïûe ni ^tite, ni laide ni Jolie, portait ses cheveux blonds tirebouchonnés à Panglaise, une robe à corsage plat, et un large éventail de dentelle noire (flavb,, Éduc.iAbb), Si on penche vers Tune, on se sert des formes de la préférence : pluiôU plus : La chauve-souris est à la fois souris et oiseau. Elle est cependant plutôt souris ; — sa conduite était plutôt noble et généreuse que tendre (b. const., Ad, y 1).
Garactérisations résumées. — On résume des caractérisa lions, on renvoie à celles qui précèdent, on en annonce qui suivent. C'est tel qui sert alors d'adjectif : La douleur d*un tel homme est la plus belle oraison funèbre (L'Iioninic a été dépeint); — Tel était Vétat déplorable des catholiques anglais (boss., R, d' Anglet.). L'orateur vient d'exposer cet état.
L'adverbe essentiel est ainsi : Eh oui I Les choses sont ainsi ! — Ainsi on s'embrouille, ainsi on s'entêtCy ainsi les hommes prévenus vont devant eux, avec une aveugle détermination (boss., Var., 14, L.); — Ainsi mourut la fille d* Hamilcary pour avoir touché au manteau deTanit (flaub., SaL, fin). Cf. de la sorte : Je ne conçois pas de la sorte les relations de famille (herv.. Cours.
Comme ça. — Cette expression, un peu populaire, est en plein développement : Vous êtes prévenue, répéta Prosper en finissant, et vous saurez, comme ça, ce que vous aurez à faire quand il viendra ici (zola, Déb,, 517) (1).
(1) Il faut noter que, dans la langue vulgaire, cette locution a flni par perdre son sens: X>i< donc, petite, quand on pense qu*U y a des gens qui racontent, comme ça, que je ne suis pas patrioUl (ZOLA, Déb., 513).