MOYENS D'EXPRIMER LES RELATIONS
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pour riiistoire de Tesprit humain, que les relations modales, si nettement distinctes aujourd'hui des relations temporelles, leur empruntent souvent leur expression. Il suffît de rappeler le rôle de Timparfait (elle me résistait, je Vai assassinée) et aussi Thistoire du futur dans le passé, devenu conditionnel.
Si on considère les ligatures, même observation. Les unes, de temporelles sont devenues entièrement modales, comme : cependant, puisque, encore que; d'autres ont conservé les deux valeurs : dès lors, tcuidis que.
Ailleurs, une simple variante distingue les deux catégories : du moment où reste temporel, si besoin -; du moment que est toujours modal. Les raisons de ces confusions seront examinées à propos de chacune des relations.
Dans chacune des catégories et des classes qui les composent, il y a des espèces diverses de rapports. Ainsi, des conséquentielles il faut distinguer une espèce à part, les finales. En effet, un résultat peut être voulu, cherché par Tauteur de Taction-cause. Ainsi : // marchait sur le bout des pieds, pour que la malade ne l'entendit pas.
En outre, dans chaque classe, ces rapports se subdivisent encore en toutes sortes de variétés. Il est bien évident par exemple que Tesprit distingue cause, motif, mobile, raison. Le langage les distingue nécessairement aussi, mais la question est de savoir s'il applique aux uns et aux autres des syntaxes différentes. Or il n'en est rien. Voici deux exemples : a) On allait vers le Nord; le froid augmenta; — b) Elle ne pouvait supporter r isolement, elle se tua. La baisse de température, conséquence d'une cause physique, et la mort volontaire, inspirée par des motifs tout moraux, sont exprimées dans des propositions de forme identique.
Goxxibinaisons de relations. — Les relations se combinent et s'enchevêtrent souvent les unes dans les autres : Nous avons vu par exemple les «1 propos exceptifs » , comme disait Maupas : Je connais tous ces artistes, sauf deux. La réserve faite dans ces sortes de propos peut porter sur une proposition qui exprime un but, une fln : Je n'accepte aucune souscription, sauf pour mes pauvres. D'où : je n'accepte pas que vous souscriviez, sauf pour que votre nom figure dans la liste. Voici une autre phrase, toute semblable: Je ne fais pas de toilette, excepté quand il le faut. Dans : Ah ! mais, s'il a intérêt à la cacher, moi, j'aurais tort de ne pas la voir (curel, Nouv. Id., I, 2), de ne pas la voir équivaut à : si je ne la voyais pas. Il y a donc dans j'aurais tort de ne pas la voir, un système hypothétique qui lui-même est en opposition avec : s'il a intérêt à la cacher.
Encore un exemple : Si r Allemagne eût pu croire servir le génie renaissant de la civilisation... il y a assez d'entraînement dans ce peuple pour qu'il eût été facile de le gagner (quinet, dans p. gautier. Un Prophète, 108). A une phrase principale: il y a assez d'entraînement, est rattachée uneconséquentielle : pour que... Mais, au lieu que cette conséquentielle exprime nn fait positif, elle exprime une hypothèse, dont l'autre terme est : Si r Allemagne eût pu croire...