‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 415 sur 586 · EXCL USIONS. SÉPARA TIONS · texte numérisé non relu

EXCL USIONS. SÉPARA TIONS

Nous avons parle déjà des faits isolés ot indépendants, et de l'emploi de mots tels que seuL seulement (1). Pour exclure l'idée de rattacher une chose énoncée à une autre, on se sert surtout de sans, sans que : Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler (corn., Hor., 478) ; — deux ou trois nwis s'étaient écoulés depuis la complète guérison de la petite Jeanne, sSLïiS que le comte de Y audricourt eût manifesté... le désir d* aller se refaire à Paris (feuili,., Morte, 199) ; — Au même instant, et sans quMls eussent besoin de la parole pour s'en faire part, le même sentiment s*empara d'eux (dur., Uniss., 213) ; — Sans entendre les dernières phrases de la baronne..., Phalippou s'était emparé du papier (fab., Ai"** Fust., 166).

La phrase exprime souvent que l'on pouvait s'attendre à ce que le second fait se produisît : elle gaspillait à mesure, sans que jamais Charles se permit la moindre observation (flaub., Bou., 208).

Les choix : Ou. ■ — On choisit entre des mots : sergent de ville OU agent de police. On choisit enlre des êtres, des choses : je prendrai le pont des Arts OU le Pont- Royal. Dans les deux cas, on se sert de ou. Le même ou sert quand il s'agit d'actions : Toujours il ruse OU dissimule ; — je ne sais s'il faut que je parte OU que je reste : — Que vouliez-vous qu'il fît contre trois? — Qu'il mourût. Ou qu'un beau désespoir alors le secourût (corn., H or., 1021).

Les alternatives. — Dans certains cas, l'alternative est nette. Il y a dilemme : Vivre en travaillant OU mourir en combattant ; — se soumettre OU se démettre. Quand on dit : /'y arriverai par la persuasion OU par la force, on oppose fortement les deux termes. Mais, en bien des cas, l'opposition n'existe

(1) V. TOBLBR, Verm., Beilr., m, 94.

iUiLATIOSS SON LOGÎQUES

pas ou ne se marque pas, il y a siinplemcnl aUernative- En ce cas, s*îl y a

un verhc, au viu^ulîer. niors que les deux termes joints par ou sonl ses sujets. e*esl ijumii des tenne'^ exciul î'iiuLre : Vn bon baUiiUon df chasseurs aU ttn balai I ton (VinjanUric de mari ne suffira ; — !a mèrf ou Ir père doit signer le papier ; — une revue d* histoire OU un magazine nous prendra cet article, î.a syntaxe, ofîleîeUemenL au moins, se régie sur le sens (Ij.

Ailleurs ridée est que ks deux leruies ne s'exelueiit pus : l'un el Taulre peuvent faire l'action. Il y a disjonction, mais non exclusion. On dira : Vn adverbe OU un ad jet H j peuvent également se joindre à certains pertes, ainsi: parler fermement, parler ferme.

Propositions d'alternative. — Soit a eu autrefois des formes varinbles. (le n'étail u Un subjonclil d'hyj*olhèse. Aujourd'liui* c*esl une Inrulîon fijîée : tfous poupez penir l'une ou raufre, soit rous, soit notre smir : — soit f*tifylrssf\ soît raison, il a atcvidé. D'où 50// gur : Soit (lU*r7 éiève tes troues, soit qu" rï tes abaisse. Nous aurons à en reparler.

Autreftïis soit el ou se succédaient souveul : Solt caprice OU raison, j*ai toujours la crofiunfc (mol., J), Gar,^ 267); — SOit qu/o/f dfsr prai.ou que ses uuilhftirs aient /ail croire cela de lui {n\c.. Brit,,2' i»reK). (le Ile eouslruetiun est excellente (2),

(1) Voîrlivrp vti, tii. xiii.

(2) On xoH v rpiirrmJrr n^^fiCT !**iuv^riU tMi m. T l\ a t'Iô rointumn»"' romnic pl<^onn4tl(|uc.

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