‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 57 sur 586 · CHAPITRE II LES. FORMES DES GENRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LES. FORMES DES GENRES

Nozns où aucune différence de forme ne marque les genres. —

Beaucoup de noms qui s'appliquent aux deux sexes gardent la même forme ; ce sont pour la plupart des noms terminés en consonne articulée (suivie dans récriture d'un e muet) : adversaire, camarade^ concierge, élève, garde, locataire, patriote, philosophe, A noter les très nombreux noms en iste : artiste, copiste, touriste, et les noms de nationalité : Russe, Tchèque,

Les hommes et les femmes se distinguent par leurs prénoms : Jean, Pierre, Henri ; Rosalie, Marie, Quelques-uns de ces prénoms sont communs : Camille, Bénigne, Théodore, Dans les parlers populaires on entend souvent des noms féminisés : La Thibaude est la femme de Thibaud, Mais l'article féminin suffit : La Masson.

Formes du masculin et du féminin. — Les deux sexes sont parfois nommés de deux noms différents : le gendre, la bru ; le frère, la sœur ; le neveu, la nièce; un singe, une guenon; un coq, une poule ; on encore, sans avoir recours à deux noms distincts, on emploie deux mots dont l'un est tiré de l'autre : cane, canard.

Les formes usuelles. Type en e. — Dans la plupart des noms, c'est une variation de forme qui marque les genres différents : le chat, la chatte ; le communiant, la communiante ; c'est le type le plus ordinaire. Les formes des noms sont ici semblables à celles des adjectifs, dont nous parlerons plus loin ; elles en viennent du reste. C'est par analogie qu'elles sont passées des adjectifs aux noms (1). Ce type a gagné de proche en proche : Avocate est dans Bossuet : afin que la Vierge Marie fut /'avocate de la vierge Eve (Ann., V^ part., éd. Leb. ii, 16). — Canarde se trouve chez M<^ii« Clairon, vieillarde chez V. Hugo. Cf. des vieillardes si vieilles qu'elles ont comme du.,, moisi sur la figure (Goxc, Journ., u, 194) ; — un cœur d* homme est comme une marée fayarde des endroits qui l'ont mieux attirée (muss., Prcm, po., Marr. du feu, se. 4).

Des noms en an on tire des féminins en ane, anne : titane ; artisanv : tyranne : demande à ce démagogue de Marius s'il n'est pas l'esclave de cette

(1) \oir pour le classement de ces formes et leurs particulRrités, à la Corarf^Wsa/fon, liv. XIV, ch. 2. n suffira de rappeler ici que la différence créée par la présence de e n'est qu'une différence apparente. L'orthographe empêche de voir la réalité des choses. Ce qui distingue avocate de avœai, c'est que le premier mot se termine par un /.

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