‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 86 sur 117 · RESTAURATIONS · texte numérisé non relu

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Une immense période de près de quatre siècles, voilà l’objet de ce court chapitre. C’est que, si l’importance en est grande pour notre documentation et pour le progrès des sciences, elle est faible pour le développement de la pensée philosophique. Tandis que, d’une part, la spécialisation scientifique s’accentue, la rationalité naturelle de l’ancien esprit grec cède de plus en plus à l'invasion croissante des superstitions orientales. Ce qui lui reste de vigueur, il l’emploie à ruminer son passé, ou bien à le brouiller en une soi-disant philosophie éternelle, pure négation des efforts individuels des penseurs, ouenfin à leressusciter sous une autre figure. Certes, il y a encore dans cette période des personnalités remarquables, mais plutôt par l’intensité du sentiment moral. La pensée grecque, comme telle, a épuisé ses facultés d'invention : ee devient cette chose impersonnelle qu’est la science, ou bien elle tend à s’abimer dans une trouble religiosité.

Il ne peut être question ici que de marquer par quelques noms les principales étapes ou directions du mouvement scien-

tifique. Dans les mathématiques, soit pures, soit appliquées (géodésie, optique, mécanique, astronomie, etc.), trois hommes illustrent, à des degrés divers, la période alexandrine (fin du iv et rie siècle) : Euclide, dont le mérite est surtout sans doute d'avoir mis au point la géométrie, ou plutôt cetté sorte d’algèbre géométrique, à laquelle d’autres avaient travaillé avant lui; Archimède, génie certainement plus original et plus vaste, qui perfectionne l’exhaustion d’Eudoxe et étend l'horizon de la physique mathématique ; Apollonius de Perge qui, reprenant les travaux d’Euclide et, avant celui-ci, de Ménechme et d’Aristée, traite le problème des sections coniques par une méthode avec laquelle notre géométrie analytique offre un remarquable parallélisme. Héron d'Alexandrie (probablement 1°" ou n°siècle ap. J.-C.), qui a moins d’envergure, a en revanche le souci des applications numériques et une belle ingéniosité de mécanicien. Au mf siècle, à Alexandrie, Pappus et Diophante sont moins des mathématiciens originaux que des faiseurs de collections, mais le dernier nous ouvre des aperçus sur les travaux dont la théorie des nombres avait été l’objet depuis le Pythagorisme. — À près Eudoxe, deux astronomes sont à mettre hors pair : Aristarque de Samos (ms. av. J.-C.), dont la conception héliocentrique, anathématisée par les philosophes, défenduechez les s pécialistes par le sexl Séleucus (n°s.), devait rester oubliée ; jusqu’à Copernic; Hipparque de Nicée (n° s.), le plus exact des observateurs anciens et l’initiateur des méthodes trigonométriques. Au n° siècle de notre ère, Théon de Smyrne et Claude Ptolémée ne font qu’exposer la science acquise, le second dans cette fameuse encyclopédie, dont le cadre dépasse de beaucoup lastronomieet que le Moyen Age a vénérée sous son titre arabe : lA/-Magesie (à peyiorn [rpayuarelx]).

La médecine, qui a des faits à interpréter et dont l'exercice DE tant de facteurs psychologiques, reste davantage dans l'orbite de la -philosophie. Elle est divisée entre ses sectes : Dogmatiques ou rationalistes, qui se réclament d’Hippocrate,

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