‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 90 sur 117 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La pensée philosophique moderne n'est pleinement intetligible qu’à la lumière de la pensée médiévale. Or celle-ci, par Cicéron et d’autres écrivains latins, par les Pères, enfin par les prolongements du Néoplatonisme, a reçu Fhéritage de ja pensée grecque. Cette dernière, en effet, a eu son moyen âge, qui a préparé et conditionné le nôtre, une vieillesse qui portait cependant en elle le présage d’un renouvellement de la spéculation. :

Mais, avant de subir cette transformation, la pensée proprement hellénique apparaît elle-même comme un moment dans l’ensemble d’une évolution. Elle se rattaché aux civilisations de l'Égypte et de l’Asie par des liens qu’il importerait de déterminer impartialement, sans parti pris de les resserrer, mi de les détendre. Il n’est pas illégitime cependant de la détacher, pat abstraction, de la tradition dont elle fait partie. Elle représente em effet pour nous la première systématisation d’une science et d'une philosophie. De plus, autant par la façon dont elle a mis en œuvre son matériel mythique et technique, quelle qu’en fût d’ailleurs l’origine, que par la façon dont elle a plus tard perdu son individualité distinctive, elle manifeste avec une grande clarté des caractères bien définis.

C’est une pensée rationnelle et même raisonneuse. Elle Pest, dès ses débuts historiques, par son effort pour comprendre l’ordre des choses et pour organiser intelligiblement les croyances. Il y a là un caractère général, auquel les conditions sociales ne sont pas étrangères et qui varie avec elles. Démocra-

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