Inédit. 9.11 août 1848 (Corr., I
Il a besoin, pour assurer son indépendance, de ses petites rentes et. du revenu de ses ouvrages ; à distance, dans le cercle de gentillâtres et de médecins qu'il fréquente, il croit le tout très menacé (4). IL s’en est occupé en avril 1849 (2). Le 11 juillet 1849, il écrit à Busoni sa surprise de voir jouer au Gymnase, sans son assentiment, sa comédie de Quitte pour la peur ; la satisfaction se mélange à la crainte : « C’est un petit accès de communisme qui a, dit-on, réussi parfaitement (3) ». Plus grave est la crise de la librairie,
atteinte par l’ébranlement général du crédit ; Charpentier est .
pessimiste dans les premiers mois de 1849 (4), et Vigny s’en plaint le 4 septembre à Camilla Maunoir (5). En juin 1851, la situation s'aggrave : Charpentier propose à Vigny une édition in-8 nouvelle, en réduisant les droits d'auteur de 0 fr. 55 à 0 f. 40 par exemplaire ; une discussion d’affaires assez serrée s'engage, où le poète ne semble pas le moins âpre ni le moins méfiant (6). Il exige une limitation du nouveau traité à une durée de quelques années, dans l’espoir qu’une restauration politique rendra la sécurité aux affaires (7).° Depuis 1850, il a d’autres soucis. Il possède une hypothèque | de 30.000 francs sur la maison située au n° 1 de la rue de Fleurus, et il craint que la vente de l’immeuble ne puisse la couvrir (8). Cette « affaire damnée » se prolonge bien après le Coup d’État, et la vente doit être renvoyée, personne ne se présentant pour surenchérir (9). En même temps, Vigny gémit sur « l’abaissement du 5 % ou plutôt sa destruction (10) ». Il n’est pas moins sensible, enfin, à la chute du cours des eaux-de-vie qu’il distillait lui-même dans son domaine (11) : « Notre vin de Chio, dit-il, qui se vendait
4. Corr., BE, 59 12, Cor, E, 255: 3. Corr:, E, 272. V4. Corr., E, 285.
5. Corr., 1, 264. 6, Corr., IT, 38. 7. Corr., II, 50. 8. Corr., Il, 284, 298, 286.