‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 47 sur 311 · Dupuy, À. de V · texte numérisé non relu

Dupuy, À. de V

2. Bonneval y servit pendant toute la Restauration, et en parle longuement, dans ses Mémoires. Lieutenant-Colonel en 1814 — à vingt-huit ans, il est vrai, — il y avait pris rang de sous-lieutenant. Les six compagnies primitives que commandaient en 1814 deux princes (princes de Poix et de Neuchatel) et quatre ducs (ducs d’Avaray, de CGrammont, de Luxembourg et de Raguse) furent réduites à quatre en 1824, En 1830, il souhaitait d’y voir introduire une réforme qui eût donné une valeur militaire à ce corps de parade. (Mémoires).

3. « Je viens de refuser quelqu'un qui me faisait de nouvelles propositions pour les gardes à pied »écrit-il en août 1824 (Corr., I, 18). Il faut croire qu’en avril1825, il avait accepté ces propositions. Cependant, il écrira, six ans plus tard : « Dès qu’un homme de ma connaissance arrive au pouvoir, j'attends qu’il me cherche et je ne le cherche plus » (Zd. I, 59, 2 août 1831).

&. Id., I, 26-79 ; cf. Zd., 1, 18, 27 août 1824, L’échec auquel cette lettre fait allusion pourraît bien être sa malheureuse tentative auprès de Mie B. de F.

5. « Entre temps, écrit P. Lafond, Vigny fut présenté au comte B. de F. qui habitait un vieux manoir près de Saint-Sever par l’abbé de Montesquieu, ami commun... Le comte B. de F. avait. une fille charmante... qui attira l'attention de notre capitaine, Il la demanda en mariage ; mais, pour des raisons dans lesquelles nous n’avons pas à entrer, sa demande ne fut pas agréée» (LAroND, Vigny en Béarn, 34-35).

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(1824), il a fait connaissance, à Pau, d’une riche famille anglaise, dont le chef est lieutenant général. Miss Lydia Bunbury est protestante (1); quant à la fortune, elle s’élèvera « à la mort du père, âgé de soixante-dix ans, à plus de 600.000 francs » (2). Le mariage est célébré (3), après de brèves fiançailles, le 8 février 1825- Vigny avait-il, dès cette date, interrompu ses relations avec ses camarades de régiment ? Ou bien, comme on l’a suggéré (4), une alliance anglaise était-elle mal vue de certains milieux militaires ? Aucun officier du 55° ne fut témoin du capitaine : Vigny s’adressa à des notables du Béarn, le marquis de Gontaut-Biron, M. de Duplaa, M. Largaignaratz (5).

La comtesse Lydia était très effacée : ce n’est certainement pas sous son influence que Vigny, quelques mois plus tard, sollicite son passage dans les Gardes à pied. Quand il y eut échoué (6), elle ne dut faire nul obstacle à la décision de son mari de quitter l’armée. Lui, avait du moins recueilli en 1824, dans les Pyrénées, les éléments d’un travail étendu ; un peu rebuté par l’accueil fait à ses vers, il méditait un ouvrage « à public » (7) : ce mot est de lui, et il avait besoin de loisirs. « Ce que l'officier avait de relations, il l’employait à réclamer une interruption de service et à la faire prolonger (8). » La complaisance, à la fin excédée (9), du général de Coëtlosquet lui procura une prolongation de congé jusqu’au 1er avril 1827. Quinze jours avant, prétextant sa « santé très affaiblie » et des raisons de famille, Vigny demandait à « renoncer au service de S. M. activement ». Le 30 mars, il passait la visite, et le

4. Le mariage fut célébré au temple (Zbid., 44) par le pasteur Gabriac. Vigny aura bientôt quelques relations avec des protestants : il parle à Edouard Delprat du pasteur Vermeil (Corr., II, 265, 1826).

2. Dupuy, Jeunesse, 213. Pourtant, dans le contrat, dressé par Me Sorbé,

aucun apport n’est signalé, et le régime communautaire est adopté par les époux :

(LAFOND, o. L., 40).

3. On établit une double minute. P. Lafond estime que Vigny devait espérer pouvoir en faire signer une par le roi (Zbid., 40).

&. Cf, MarABAIL, De l'esprit militaire dans l’œuvre d'A, de V., 43-44.

5. On remarqua l’absence de Mme de Vigny mère. Peut-être l’absence de cérémonie catholique fut-elle mal interprétée, Vigny lui-même soulignera qu’il s’est marié «hors de l’armée » (Corr., I, 59),

6. 11 n'avait pas été invité au Sacre. Est-il certain, comme le croit M. Barthou, qu’il ne l'ait pas regretté ? (cf. Lettres, éd, Barthou, 60).

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