J. dans R. D. M
40. Jusqu'à 1830, Bonaparte l’intéresse, sans qu’il ose conclure. (J. &5). Il loue volontiers la force de Napoléon, mais en marque les limites. En juillet 1830, il écoute, avec complaisance, Pozzo di Borgo lui raconter comment il a tenu tête à l'Empereur (J. dans R. D. M., 691-693). L’année précédente, Vigny comparaït Bonaparte à un aventurier heureux (1829, J., 41).
411. J., &8 (28 juil. 1830), Vigny exprime cette pensée à Pozzo le 10 juillet (J. dans R. D. M., 690).
foule compacte et lente (1), pareille à l'aiguille qui marque les heures (2) : c’est le peuple ; les gens éclairés qui devancent le gros de la foule, mais qui restent foule encore, et leur marche rappelle l’aiguille qui marque les minutes (3); «au-dessus de ces deux aiguilles, il s’en trouve une bien autrement fragile et dont l’œil suit difficilement les bonds (4) » ; pareil à cette aiguille des secondes est le Poète. Le Poète est donc l’indicateur du Progrès etil guide le siècle en marche. « Malheur aux trainards ! Rester en arrière, c’est mourir (5).» Mais quelle pensée guide le siècle ? Le but n'est-il pas « hélas, inconnu (6) ? »
Le hasard d’une rencontre faillit apporter la lumière.
Saint-Simon était mort en 1825, et les disciples travaillaient à coordonner les idées du maître en un système politique et moral. Ces hommes jeunes, instruits, ardents, avaient souffert : « Il n’y a peut-être pas eu dans le Saint-Simonisme une personne qui n’y ait été poussée par des chagrins de famille (7) ». Beaucoup de Saint- Simoniens étaient passés par l’École Polytechnique où Vigny avait failli entrer, d’où étaient sortis plusieurs de ses camarades ; c’est peut-être par un officier, Saint-de-Bois-le-Comte (8), que Vigny fut amené à fréquenter Buchez. Vigny aura pu assister à la séance inaugurale qui fut la : première des conférences publiques, le 10 décembre 1828 (9).
Ce qu’il y avait de traditionaliste dans la doctrine, peut-être même d’oriental dans la race de ses adeptes (10), son hostilité