Œuvres, IX, p. 58, 74; Manéoul, op. cit., p
prit (i(' l.i (ioDstitimnto ot du Code civil? Mai» (((i.iiU à croire quo toutes les idée« ébranlées par hi Révolution ressusciteraient intégralement, et que les individualités mêmes qui eo avaient été les victimes bénéficieraient elles-mêmes d'un triomphal retour de fortune, c'était là une illusion ;\ laquelle Maistre se refusait; elle lui paraissait incompatible avec sa propre exégèse des vouloirs providentiels*.
C'était dur, évidemment, d'être mis a l'écart. Mais il s'écriait : c Qu'est-ce que cela fait? On écrit dans sa généalogie : m illo tempore, j'eus riionneur de ne pas servir mon mattre. Qu'est-ce que la mort au champ de bataille en comparaisoa do ce sacrifice*? i
La France et la monarchie française sur le pavois, et Maistre à l'écart ; et puis, en France même, à l'écart aussi, ceux qui pensaient comme Maistre : voilà le dénouement qu'il prévoyait. Cela lui paraissait dans la logique de la politique divine. Un autre se fût plaint : Maistre, ao contraire, trouvait cela très grand. Pourquoi son àme eût-elle été triste, si peu favorisé fùt-il, puisque sa plume lui restait, pour redire que cela était grand?
\. Œuvres, X, p 403-406.
\l. Daudet, op. cit., p. 210.
COMMENT PIE VII REVOLTA MAISTRE ET COMMENT LES JÉSUITES l'apaisèrent
Il y eut une heure, pourtant, où Maistre se sentit comme interloqué par Dieu : c'était en 1804, la secousse fut atroce. On annonçait que Pie VII allait sacrer Napoléon, on concluait que la cause de la religion et celle de la légitimité divorçaient ; l'Église, protectrice des souverainetés, allait couronner celui qui les bousculait toutes. Une lettre latine, ostensible au Saint-Père, partit de Pétersbourg avec l'approbation du Tsar : elle représentait au Pape que sa résistance aux avances de Bonaparte serait avantageuse, en Russie, à l'Eglise catholique : elle était signée, nous dit Maistre, de « l'homme du monde catholique qui était le plus dévoué au Pape par son serment )>, — apparem-
mont le Pèro Grubcr, général des Jésuites. L aut(>iir de cette épttre n'en reçut aucunes nouvelles et ne sut que plus tard qu'elle n'était point parvenue à destination ^ Cependant les échos de Rome, ceux (le Paris, soulevaient dans V^me de Maistro dea colères que certainement il croyait saintes. « Je soifhaite au Pape de tout mon cœur la mort, de la même manière et par la même raison que je la souhaiterais aujourd'hui à mon père, s'il devait >(' déshonorer demain. » Les < forfaits d'un Alexandre VI » paraissaient à Maistro c moins rt\ citants que cette hideuse apostasie de son faible siKcesseur. > Il parlait de 1' c ivresse » du Pape; v\ « de tout son cœur » il eût voulu — c'est au I oi de Sardaigne qu'il l'écrivait — t que le maliicurcux pontife s'en allât à Saint-Domingue pour sacrer Dessalines. »
K Quand une fois un homme de son rang et de son ( aractère oublie à ce point Tun et l'autre, ce qu'on doit souhaiter ensuite, c'est qu'il achève de se dégrader jusqu'à n'être plus qu'un polichinelle sans conséquence'. »
Mais dans une lettre de 4806, les sévérités de Maistre s'atténuaient; et lorsque en 1808 réson-
i. CEuvrts, IX. p. 346.