‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 37 sur 109 · Falloux, M" Swelchine, I, p · texte numérisé non relu

Falloux, M" Swelchine, I, p

l'arrière-plan, un cœur ardent, mais rigidement discipliné ; spontané, mais se défiant de ses élans; prompt à s'épanouir, mais plus prompt encore à se surveiller; un cœur qui lorsqu'il son^e aux siens ne se gonfle de tendresse que pour la mortifier ; un cœur qui lorsqu'il monte vers Dieu se laisse trop tenir en respect par la vision de l'incommensurable distance, pour s'abandonner pleinement à la mystique jouissance du contact divin : tel nous apparaît Maistre devant la table eucharistique. Il s'y présente pour « remplir des devoirs. » Nul pharisaïsme, d'ailleurs, dans cette inféodation de l'intelligence et de la volonté, et du cœur par surcroît : l'étiquette une fois observée, la conscience de Maistre ne se croit pas quitte, et la voici qui se met à nu, dans une lettre au jésuite Rosaven, comme une conscience de publicain :

(( Je ne vois jamais mourir nos véritables prêtres sans être tenté de désespérer de la canaille mondaine, et quorum pars magna fui. Ainsi, mon Révérend Père, je me recommande fortement à vos bonnes prières, pour cette bienheureuse fîn^ »

Nulle aridité, non plus, dans cette religion, croyons-en Xavier écrivant en 1810 :

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